07/11/2013

PLANQUE à BAUDET LE GOUVERNEMENT CHARGE LA MULE!


Le gouvernement sortant les aura décidément toutes faites.

Outre sa majorité incompétente sur le terrain, la voici à l’œuvre dans les relations avec ses collaborateurs, les fonctionnaires.

La fonction publique, comme les citoyens, ont appris hier que le Conseil d'Etat, majoritairement composé de sortants faut-il le rappeler ici, entend faire passer une loi visant à ne pas verser d'annuités aux fonctionnaires sur l'année 2014.

Non seulement un gouvernement en pareille situation se contente d’administrer les affaires courantes, mais encore un gouvernement digne de ce nom sait bien que le verdict sorti des urnes en octobre ne lui laisse aucune chance d’atteindre l’objectif annoncé.

Personne n’ose croire que cette tentative de putsch, la non application d’un texte voté par le parlement et assurant le versement desdites annuités, serait le baroud d’honneur du ministre des finances dont la formation politique a subi un revers magistral en octobre dernier.

Dans cette affaire il y a le fond et la manière. Sur le fond, On peut imaginer que les fonctionnaires, à tout le moins les plus hauts revenus, puissent faire un effort financier en situation conjoncturelle difficile. Encore faudrait-il qu’il y ait crise. Sur la forme, il me paraît clairement inadmissible d’annoncer, à brûle pour point, le gel des annuités sous prétexte que le Gouvernement à d'autres priorités!

Il convient de rappeler ici que la première des priorités de l’Exécutif est d’assurer une gestion efficiente de l’Etat visant à en assurer la pérennité. Une telle décision tend à masquer l’ineptie de certaines politiques et donc une action totalement inefficiente avec pour conséquence la mise au risque de la pérennité d’un Etat bénéficiant d’une fonction publique dévouée.

En lançant une telle offensive, ces élus - qui n’auront bientôt plus rien à dire- non seulement ouvrent un conflit inutile mais en plus ils ne démontrent aucunement que cette mesure est indispensable.

Si on s’attarde à la circulaire qui a été transmise à tous les collaborateurs de l'Etat hier: "la suspension de l'indemnité n'est donc pas la conséquence d'une mauvaise conjoncture économique, mais sert à financer de nouvelles prestations prioritaires". Et de prendre pour exemple, la réforme du cycle d'orientation et le mercredi matin ajouté à l'horaire scolaire, on se dite que c’est cet équipage bancal qui devrait retourner à l’école de la République.

En français on appelle ça déshabiller Paul pour habiller Jaques avec pour résultat que les deux attrapent la grippe !

Il y a bien d’autres secteurs, à commencer par mettre un terme à ces travaux de voiries plus débiles les uns que les autres ou encore ceux qui s’ingénient à perturber les déplacements professionnels de nos entreprises ce qui fait exploser les heures chômées et partant autant de rentrées fiscales perdues. Le tout au nom du dogme.

Pour ceux qui seraient tenté de faire passer la pilule en expliquant que la fonction publique a déjà eu son cadeau par le sauvetage des caisses de pension, je répondrai que les Genevois ont surtout payé la gestion calamiteuse d'un gouvernement qui, depuis les années 90, s’est ingénié à cacher sous les tapis, la mauvaise santé des caisses. Et encore faudra-t-il bientôt, et en urgence, voler au secours de celle des TPG qui n’est pas en bien meilleure condition.

En en mot comme en cent, ne faites pas porter à la fonction publique le fardeau de vos errements.

Dans une démocratie les responsabilités sont avant tout politiques. Il appartient clairement à ceux qui ont sollicité les suffrages du Peuple pour cela, de gouverner en veillant scrupuleusement à la parfaite adéquation entre les dépenses publiques et leur résultat réel.

Cela s’appelle l’efficience. Il ne fait aucun doute que ce gouvernement, comme ceux qui, composés des mêmes partis, se sont succédé depuis le début des crises à répétition des années 90, ont clairement été déficients.

Il n’y a pas pire façon de sortir de scène qu’en lançant une forme d’opprobre sur les fonctionnaires alors même qu’ils sont dépendants des politique qu’on leur ordonne d’appliquer.

Si les urnes devaient nous imposer une composition politique identique à celle-ci, il ne fait aucun doute que c’est la même politique qui sortira de ce tonneau-là.
Et comme le dit l’adage, puisque le vin est tiré il faudra le boire. Une fois de plus ce sera le Peuple qui aura la gueule de bois et les fonctionnaires qui serviront de fusibles à des actions politiques toujours moins respectueuses du denier public.

Cette annonce a toutefois du bon. Elle montre aux électeurs qu’en renvoyant les mêmes partis à la Tour Baudet, ils resteront des mules corvéables à souhait.

Eric Stauffer
Candidat au Conseil d'Etat

14:41 | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook | | |