11/04/2010

Politique transfrontalière : l’hypocrisie de Micheline Calmy-Rey

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Présente lors du 28ème Congrès du Groupement transfrontalier européen, notre ministre des affaires étrangères dénonce « la xénophobie anti-frontaliers », ce qui ne pouvait que lui valoir les compréhensibles applaudissements de l’assemblée.

 

En assénant de la sorte une simplification outrancière d’une situation complexe, tout comme l’avait fait l’éditorial de la Tribune de Genève, en pleine campagne électorale, au lendemain de l’encart publicitaire de l’UDC faisant très maladroitement référence à la « racaille d’Annemasse », et qui accusait l’extrême droite de « chasser sur les terres xénophobes du MCG », notre ministre affiche pleinement son hypocrisie politique.

 

Les travailleurs frontaliers français ont toujours fait partie du tissu socio-économique genevois, et Genève, dans bien des domaines, ne fonctionnerait tout simplement pas sans l’apport du travail frontalier. Il se trouve qu’avec l’entrée en vigueur de l’accord sur la libre circulation des personnes conclu avec l’UE, du jour au lendemain, sans aucun contrôle ni aucune restriction, le ressortissant européen, qui ne pouvait toujours pas venir s’installer librement en Suisse en raison d’un moratoire, encore en vigueur à ce jour et fixant des quotas, a pu venir y travailler.

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Bref rappel aux amnésiques de circonstance : avant les accords bilatéraux, dont le principe n’est pas ici remis en cause, un frontalier devait résider six mois au moins en zone frontalière, et son engagement devait être accepté par une commission tripartite, dont faisaient partie l’Etat et les partenaires sociaux. Cela permettait de vérifier non seulement qu’il s’agissait d’un « vrai frontalier », mais aussi que la main-d’œuvre locale ne pouvait répondre à la demande, et que les conditions salariales étaient conformes à celles en vigueur dans la profession, avec ou sans convention collective de travail.

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Aujourd’hui Genève a le taux de chômage le plus élevé de Suisse et un nombre de travailleurs frontaliers (dont les Suisses domiciliés en France ne font pas partie) en continuelle croissance. Sans aucun rapport ! nous disent en coeur les membres de notre gouvernement, lesquels refusent pourtant toujours de donner légalement la priorité au marché local de l’emploi, ne serait-ce que pour les postes impliquant l’exercice de la puissance publique. Cela en dit long sur la volonté politique du Conseil d’Etat de protéger l’emploi des résidents genevois.


Il se trouve que certains élus, dont les sensibilités politiques sont aussi bien de droite que de gauche, membres du MCG, se déclarent cochonne%2003.JPGpréoccupés par cette situation, et demandent que des mesures soient prises, d’abord au sein de l’Etat et des institutions autonomes de droit public, pour donner une priorité aux travailleurs de notre canton (et non seulement aux chômeurs, qui ne sont pas les seuls potentiellement intéressés aux nouveaux postes créés et aux postes à repourvoir), et, ensuite, pour sensibiliser les employeurs privés et les inciter à faire appel à la main d’œuvre locale, tout en dénonçant ceux qui, n’étant soumis à aucune convention collective, font appel à des travailleurs frontaliers, moyennant un salaire inférieur à celui que pourrait accepter un résident.

 

Etre conscient de ce problème et y chercher des solutions ne peut être assimilé à de la xénophobie qu’avec une totale mauvaise foi, ce d’autant que Micheline Calmy-Rey elle-même, lors de l’émission « Infrarouge » du 2 décembre 2009 sur TSR1, incitait les employeurs installés en Suisse à donner la priorité au marché local de l’emploi !


C’est au contraire cette politique de l’autruche qui risque de conduire à la xénophobie, terme d’ailleurs improprement utilisé, car les résidents genevois, toutes nationalités confondues, ne comprennent pas qu’eux-mêmes et leurs enfants puissent rechercher en vain un emploi, attribué à un ressortissant européen, qui vient parfois de bien loin pour occuper un emploi qu’ils pourraient eux-mêmes assumer. Nos salaires sont alléchants, d’autant plus lorsque l’on n’a pas à assumer nos loyers et nos primes d’assurances maladie…

Cochon_laisse.jpgEt nos voisins de l’Ain et de la Haute-Savoie, qui sont aussi nos partenaires, seraient bien inspirés de partager nos préoccupations.

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En effet, combien de normands et de limousins seraient heureux de venir les remplacer sur sol genevois si une véritable politique régionale n’est pas mise en place ? Sans parler de l’exode vers le marché suisse de toute main d’œuvre formatrice disposant d’un minimum d’expérience, notamment dans les domaines des services et de la vente, et il suffit de fréquenter les commerces de France voisine pour constater que tel est déjà le cas.

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En conclusion, plutôt que de flatter son auditoire en parlant à mauvais escient de xénophobie et en reniant ses propres paroles, Micheline Calmy-Rey ferait bien de se souvenir qu’elle représente la Suisse et ses habitants, et qu’elle occupe ses fonctions pour anticiper et résoudre les problèmes, non pour les nier.

Mauro Poggia

Député Mouvement Citoyens Genevois

 

 

A voir : http://promcg.blog.tdg.ch/archive/2008/09/06/video-calmy-rey-stauffer-l-affrontement.html


Lors de l'émission Infrarouge (8/11/06) de la TSR Micheline Calmy Rey à déjanté face à Eric Stauffer.

Elle a déclaré à la remarque du député Eric Stauffer sur le fait que Berne a oublié les Genevois, "Vous qui êtes actif sur le canton, vous n'avez qu'à vous débrouiller, bougez-vous".....

Pour voir le passage sur YOUTUBE : http://fr.youtube.com/watch?v=rdmXxt7NgjM

(durée totale 2,08 min)

Pas joli, joli de trahir les Genevois qui vous ont envoyés à Berne!

 

11:47 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (10) |  Facebook | | |