27/05/2010

Vive l'Etat négrier et scélérat !

Secrétariat du Grand Conseil

Interpellation présentée par la députée :
Dominique Rolle

Date de dépôt : 27 mai 2010

IUE Numéro d’objet

Interpellation urgente écrite

Vive l'Etat négrier et scélérat !

Dans les dernières IUE déposées lors de la dernière plénière, je m’inquiétais déjà des conditions de travail et salariales des personnes employées – exploitées ! - dans le cadre des mesures cantonales au sein des diverses administrations de l’Etat.

Les réponses apportées furent peu claires et donc guère convaincantes.

Or, ces derniers jours, il m’a été communiqué que pour faire face au retard accumulé depuis des années tout en respectant la mesure de réduction d’effectifs décidée par le Conseil d’Etat (-5%), l’Office des poursuites a employé en 2009 pas moins de 53 personnes en emploi temporaire pour la plupart à plein temps pour des salaire allant de 1400.--/mois à…

Ce qui dans le privé ferait instantanément bondir tout syndicat digne de ce nom. La poudrière de l’AIG (Aéroport international de Genève) est là pour le rappeler.

Ingénieux !

Nous constatons une fois de plus que le Conseil d’Etat a bel et bien mis en place une politique d’emploi - ou devrait-on dire, de sous-emploi - destinée à créer une authentique classe d’Untermensch du travail : d’un côté les employés réguliers dépendant de la loi B05 et de l’autre des nouveaux esclaves hors statuts mais corvéables à merci.

A côté de cela, les agences de placements les moins scrupuleuses passent pour des enfants de cœur !

Et bien entendu, on ne trouvera pas de frontaliers dans les emplois temporaires ou de solidarité. Ceux-ci étant engagés pour les mêmes postes sous les conditions classiques des employés de la fonction publique. Que cela soit à l’Office des Poursuites ou non.

Une injustice de plus !

Or, il est nécessaire de rappeler que le citoyen genevois attend de l’Etat une véritable politique sociale, humaine et responsable afin de résorber le chômage en donnant la priorité à l’embauche pour ses résidents avant toutes autres considérations.

Et ce en particulier quand le canton connaît une crise de l’emploi sans précédent.

Outre son rôle social, l’Etat se doit de garantir l’équité envers TOUS ses travailleurs à des salaires décents avec des statuts identiques pour chacun d’entre eux.

L’Etat qui engage des frontaliers à moindre coût pour réduire la masse salariale des ses effectifs tout en exploitant en parallèle les chômeurs genevois devient forcément négrier et scélérat !

En vertu des pouvoirs qui sont ceux du député, des devoirs et obligations qui sont ceux du Conseil d’État, voici la question posée dans le cadre de cette IUE, conformément à l’article 162A LRGC :

Question 1 :

Quand l’Etat de Genève va-t-il enfin unifier les statuts pour tous ses travailleurs ?

Question 2 :

Quand l’Etat de Genève va-t-il enfin indexer les salaires des emplois de solidarité à ceux des employés « normaux » qui ont un travail similaire ?

Question 3 :

Quand l’Etat de Genève va-t-il enfin établir une véritable politique concrète d’embauche prioritaire urgente au sein de ses administrations et régies pour les résidents genevois à l’inverse de ce qui se fait aujourd’hui ?

Question 4 :

Quelle a été le salaire mensuel pour chacune des 53 personnes travaillant à l’Office des Poursuites en 2009 ?

Question 5 :

Quels sont le(s) texte(s) de loi fédéraux et cantonaux sur lesquels le DSE s’appuie pour pénaliser les chômeurs qui refusent un emploi temporaire, et sont-ils conformes au droit supérieur, en particulier à la convention des droits de l’homme ?

13:04 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook | | |