15/06/2010

Affaire Kadhafi: Grand Conseil genevois : sans courage !

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COMMUNIQUE DE PRESSE

DU MOUVEMENT CITOYENS GENEVOIS

 

Affaire Kadhafi

Grand Conseil genevois : sans courage !

Le MCG constate qu’au point 29 de l’ordre du jour du Grand Conseil sera examinée la motion qui exige que le fils Kadhafi soit persona non grata à Genève et en Suisse. Nous apprenons qu’il sera traité en point fixe le vendredi 18 juin dès 22h30. Le président du Grand Conseil affirme que la question pourrait faire l’objet d’un huis clos. En conséquence, à partir de vendredi, aucune communication ne pourra plus être effectuée,  conformément aux règlementations concernant cette procédure secrète. N’en demeure que le huis clos ne pourra pas entrer formellement en vigueur avant le vendredi 18 juin 22h30, et il faudra encore qu’il soit voté par une majorité de 2/3 des députés.

Si ce mode de faire est validé, ce sera la démonstration du manque de courage de la classe politique genevoise qui refuserait d’avoir un débat public dans le cadre de nos institutions.

Le Grand Conseil va sans doute traiter à huis clos la Motion du MCG (Motion M-1896), déposée le 24 août 2009, qui demande que le fils du dictateur libyen Kadhafi ne puisse plus venir à Genève. Que réclame ce texte parlementaire ? Tout simplement, c’est un signal fort que le MCG lance à la Libye et aux régimes de ce type. A Genève, on ne peut pas faire n’importe quoi. Il y a des lois qui s’appliquent à tous. Si on ne peut les respecter, mieux vaut ne pas venir.

Les médias internationaux ont fait connaître les nombreuses frasques que le fils du Guide suprême libyen a commises dans des cités européennes, sans parler de son attitude à Genève envers ses domestiques. Il s’agit donc d’une personnalité incontrôlable, dont la filiation à un dictateur pose problème. Il convient de lui faire comprendre qu’à Genève on ne tolère pas certaines attitudes.

Pour le MCG, une prise d’otage telle qu’elle s’est développée en Libye, ne peut être tolérée par un Etat démocratique. Ce sont des méthodes inqualifiables, envers lesquelles nous ne devons avoir aucune faiblesse, qui sera exploitée par le régime libyen. Au lieu de comprendre que nous avons affaire à des dictatures se moquant des droits de l’homme, la diplomatie suisse et le Conseil fédéral ont multiplié les erreurs, pour finalement plier face aux menaces. Voilà où nous conduit le manque de réalisme conjugué au manque de courage.

Au début, ils hurlaient tous avec les loups contre Kadhafi, évoquant la séparation des pouvoirs, critiquant le fils du dictateur, etc. etc… Maintenant, les mêmes se taisent et iraient jusqu’à lécher les bottes du potentat de Tripoli. Tous sont devenus dociles, pliant devant les menaces économiques. Tous s’applatissent devant Kadhafi.

Quelle tristesse de voir Micheline Calmy-Rey faire allégeance ! Quelle image lamentable que le Cavalieri Silvio Berlusconi faisant le baise-main à Kadhafi : une honte pour tout les Italiens.

Aujourd’hui, la lâcheté est devenue un principe constitutionnel dicté par l’argent. La Suisse donne la pire image qu’elle n’a jamais laissée même durant les heures les plus difficiles de son histoire. Si la même affaire avait concerné un pays pauvre du tiers monde, jamais le Conseil Fédéral n’aurait été utilisé comme un vulgaire paillasson.

Pour une fois, le Conseil d’Etat genevois a fait preuve de cohérence en ne pliant pas face à Kadhafi et en suivant la ligne de fermeté du MCG face au dirigeant libyen.

Il faut bien faire comprendre certains points. M. Hannibal Kadhafi peut agir comme il l’entend en Libye ou dans l’Italie de Berlusconi, ce qui ne nous concerne pas. Mais à Genève, sur le territoire du canton, l’esclavagisme est révolu et on ne peut pas battre ses domestiques.

Pour le MCG, on ne peut cautionner la prise d’otages suisses, d’aucune façon. Certes, la démocratie est une valeur qui est étrangère au régime libyen, mais nous avons multiplié les faiblesses alors que M. Kadhafi ne connaît qu’une règle : le rapport de force.

Dans ce contexte, Genève doit être très claire et imposer ses lois. Sinon, il appartient à nos autorités d’interdire la venue de certains dans notre ville.

C’est le sens de la motion du MCG, qui se refuse à l’hypocrisie et au manque de courage, les deux piliers de la politique étrangère du Conseil fédéral actuel.

pour lire la Motion du MCG: Kadhafi-M01896.pdf

François Baertschi

Secrétaire général du MCG

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