01/04/2009

Décaillet, Monsieur sans (gé-)gêne

Pascal Décaillet, journaliste souvent bien inspiré, dérape parfois. Cela peut arriver aux meilleurs professionnels, dont il fait partie. Il y a quelques semaines, il évoquait dans la Tribune ma motion qui proposait de s'attaquer aux dealers et autres délinquants étrangers, quand bien même je faisais des propositions énergiques et constructives, dont la seule qui a ét retenue par les médias a été l'hébergement libre à la caserne des Vernets pour les illégaux et non sous uneécole aux Eaux-Vives. Mais là Pascal Décaillet a dérapé en disant que cela avait un parfum d'années 30 et de totalitarisme. Je suis désolé, cher Pascal, c'est du mensonge pur et simple.

Mais quelle surprise lorsque je vois le même Pascal Décaillet animer un colloque sur Pierre Mendès France. Il est très improbable que l'on y parlera de la zone d'ombre de Pierre Mendès-France, président du Conseil des ministres en 1954-1955, défenseur à cette période de l'Algérie française et du colonialisme français. C'est le même Mendès-France qui soutenait la politique des colons français en Algérie et disait que "l'Algérie c'est la France". Au passage, les opposants étaient torturés et maltraités sous le gouvernement de ce grand progressiste. C'est un fait historique que le gouvernement Mendès-France, où participait le socialiste François Mitterrand lui aussi complice de ces agissements, n'a pu se former que grâce aux partisans de l'Algérie française proches du parti radical dont se revendiquait le même Mendès-France.

C'est une tache de l'Histoire qui a marqué la gauche française et Mendès-France. Pouvait-il faire autrement? Cette question concerne surtout les historiens. Mais il faut sortir de ce terrorisme intellectuel bien pensant.

J'estime, M. Décaillet, que vous avez été à mon égard Monsieur sans gêne. Lors de ce colloque, j'ignore encore si vous serez Monsieur sans gégène, du nom de l'appareil électrique placé dans les parties sensibles et utilisé par les Français en Algérie pour faire parler les opposants du FLN et d'autres anonymes choisis au hasard

Bien sûr, certains trouveront des excuses à Mendès-France et ils les ont déjà trouvées. A moins que Pascal Décaillet ne veuille donner à ce débat un coup de Massu.

Souhaitons juste que ce colloque ne soit pas l'occasion de servir la soupe - la bonne sousoupe médiatique - à certains vieux crabes radicaux et socialistes, qui ont déjà oublié les sombres taches de leur passé.

 

11:15 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook | | |