03/11/2009

La vraie Genève en chiffre ou l'abandon du Conseil d'Etat face à l'emploi!

Vous voulez des chiffres? En voilà :

Secrétariat du Grand Conseil

Date de dépôt: 2 décembre 2008

Messagerie (source : http://www.ge.ch/grandconseil/grandconseil/default.asp)

IUE 660-A à 687-A

 

Réponse du Conseil d’Etat à l'interpellation urgente écrite de M. Eric Stauffer :

République et canton de Genève : Frontaliers de plus en plus, résidents

Genevois de moins en moins, Assez !

 

Mesdames et Messieurs les députés,

 

En date du 13 novembre 2008, le Grand Conseil a renvoyé au Conseil d’Etat une interpellation urgente écrite qui a la teneur suivante :

Messieurs les Conseillers d’Etat, La situation à Genève devient préoccupante en matière de chômage !

 

La crise financière planétaire, que nous vivons depuis un trimestre, n’arrange

rien et n’offre que de sombres perspectives de retrouver le plein-emploi pour

de très longs mois, pour ne pas dire années. A Genève, un employé est considéré comme « trop âgé » dès 45 ans !

 

La présente interpellation ne se veut pas polémique, mais ultra réaliste !

Il faut briser le tabou de la corrélation entre le taux de chômage le plus élevé de Suisse et le nombre de travailleurs étrangers domiciliés à l’étranger travaillant à Genève !

 

Il convient de rappeler qu’en été 1999 l’Union européenne (UE) et la

Suisse ont signé sept accords bilatéraux. Parmi ceux-ci, celui sur la libre circulation des personnes qui provoque de profonds déséquilibres pour

Genève dont la situation particulière n’a absolument pas été prise en compte.

Cet accord est entré en vigueur le 1er juin 2002.

 

Un protocole réglant l’introduction progressive de la libre circulation des personnes s’appliquant aussi aux dix nouveaux Etats membres de l’UE est entré en vigueur le 1er avril 2006.

 

A cause de ces accords, les conditions de séjour en France et de travail en Suisse pour les ressortissants de l’Union européenne ont été réduites au rang d’une simple formalité.

 

Il est instructif de consulter la statistique des travailleurs frontaliers à

Genève et de constater l’explosion des travailleurs frontaliers due justement

à ces accords de libre circulation qui découlent des accords bilatéraux.

En 2002, les permis frontaliers étaient au nombre de 33'211, tandis qu'au premier semestre 2008, ce chiffre s'élève à 60'630 (Source : OCSTAT / OCP

- Statistique des frontaliers).

 

Il est évident que les citoyens suisses, contraints de s’expatrier en France en raison de l’impossibilité de trouver à se loger à des prix décents sur leur propre territoire, ne sont pas comptés dans cette statistique.

Comme dit précédemment, les Suisses et les Binationaux résidant en

France ne sont pas compris dans les chiffres publiés sous le titre "frontaliers".

 

Seuls les permis G sont recensés, c’est-à-dire seuls les étrangers résidant à l’étranger et travaillant à Genève.

 

Les Suisses ne sont pas soumis à une autorisation de travail en Suisse. Il en va de même pour les employés des organisations internationales qui résident en France.

 

Nous savons que l’autorité fédérale, qui dans sa grande sagesse, a prévu des quotas dans les accords bilatéraux, c’est-à-dire que les ressortissants de

l’U.E. qui veulent s’établir en Suisse sont limités à environ 115'000 par année. En revanche, pour des raisons qui nous échappent, l’autorité fédérale a « oublié » de légiférer sur le deuxième volet des accords bilatéraux ; les accords de libre circulation !

 

La résultante de cet ahurissant « oubli » permet aux ressortissants de

l’U.E., qui ne peuvent ou ne veulent pas s’établir en Suisse, et, par voie de conséquence à Genève, d’obtenir un permis G-Frontalier sans autre forme de procès et de manière illimitée !

 

A part les hypocrites et les responsables du verrouillage de la mise sur le marché de logements en suffisance, tout le monde sait que la rareté que cela entraîne et le niveau de prix qui en découle, donne comme résultante que Genève est une formidable source d’emplois pour ceux qui gravitent dans sa périphérie et qui en profitent à fond.

 

De leur côté, les Genevois souffrent de tous les maux qui en découlent. De l’engorgement des routes au taux de chômage inavouable, en passant par des niveaux de loyer invraisemblables et complètement hors de portées de la majorité des citoyens.

 

La résultante pour les Genevois : de plus en plus de chômeurs cumulés aux citoyens au bénéfice du RMCAS, des mesures E.T.C (emplois formation), et tous ceux qui sont dans les offices sociaux communaux ou cantonaux, comme par exemple l’Hospice Général, Armée du Salut, etc. Sans oublier les citoyens qui ne sont inscrits nulle part, mais qui recherchent un emploi. La très grande difficulté de trouver un emploi pour les femmes au foyer qui veulent « reconnecter » à la réalité du travail après avoir élevé leurs enfants en est un très bon exemple.

 

Si les règles étaient égales pour tous, on ne comprend pas pour quelles raisons un employeur a intérêt à choisir un collaborateur étranger domicilié à l’étranger plutôt qu’un habitant de Genève.

 

A fortiori l’Etat, dont la tâche principale n’est pas de générer du chômage mais d’y pallier. Et surtout l’Etat se doit de montrer l’exemple !

 

Comment expliquer cette situation ?

Tout simplement en raison d’un taux de chômage tel chez notre voisin que ses ressortissants surqualifiés sont prêts à prendre des tâches subalternes pour ne pas être laissés sur le carreau.

Ils entrent donc en compétition avec des Genevois, dont les qualifications sont tout à fait suffisantes par rapport à l’emploi offert, mais qui se retrouvent en concurrence avec des personnes provenant d’un autre bassin d’emploi.

 

Voici un exemple concret :

La société XX SA établie à Genève cherche une réceptionniste téléphoniste.

Profil : langue ; français, dactylo, salaire 3'800.00 mensuel.

a)   Mme X, 34 ans résidente genevoise, CFC d’employée de bureau parle le français uniquement et correspond au profil. Accepte le salaire proposé.

 

b)   Mme X, 27 ans résidente à Grenoble, Française, licenciée en droit, trilingue français, espagnol et anglais accepte le salaire proposé. Précisons que cette dernière était au chômage à Grenoble depuis la fin de ses études et survivait par de petits jobs « livraison de pizza », « coursière », etc.

 

 

On comprend au travers de cet exemple très parlant dans quelle situation se trouvent pris les Genevois en recherche d’emploi.

 

Dans l’exemple ci-dessus l’employeur ne commet aucune faute. Il n’y a pas de dumping salarial! Mais force est de constater que la Genevoise reste sur le carreau et finira, si tous les employeurs agissent de la sorte, à l’assistance publique et à la charge de la collectivité ! Il faut que cela cesse !

 

Il est évident que les ultra-libéraux nous dirons que c’est la loi du marché, celle-là même qui a mis l’économie mondiale en cale sèche !

 

En revanche il est de notre devoir - c’est tout le sens du mandat que le

Souverain nous a confié - d'enrayer cette spirale infernale, à commencer par l’Etat-employeur qui doit montrer l’exemple !

 

Le Mouvement Citoyens Genevois n’est pas opposé à l’emploi d’étrangers habitant à l’étranger. Nous défendons le principe de la «priorité d’engagement» : les citoyens suisses et résidents étrangers du canton doivent être engagés en priorité. Le même principe devrait être appliqué pour les travailleurs de Haute-Savoie et de l’Ain par rapport à ceux issus d’autres régions de la grande Europe. C’est ainsi que nous concevons la priorité aux résidents genevois et citoyens suisses, et que nous construirons une vraie région sur des bases saines.

 

Dans le secteur privé, nous estimons qu’il est essentiel d'inciter les employeurs à une prise de conscience pour un engagement prioritaire des travailleurs résidents ou citoyens suisses.

 

Il est également fondamental de favoriser les entreprises genevoises, par rapport au dumping de sociétés étrangères, en instaurant la priorité genevoise. Quant au secteur public et parapublic, l’Etat doit clairement montrer l’exemple en ce sens et jouer à fond la priorité aux travailleurs locaux. A la Mairie d’Annemasse, il serait inconcevable d’employer un fonctionnaire qui ne soit pas de nationalité française : la priorité nationale est appliquée scrupuleusement chez nos voisins.

 

Seuls les Genevois assez naïfs ne peuvent que l’oublier !

En conclusion, il apparaît nécessaire pour le secteur tertiaire de prendre exemple sur les HUG qui, par une directive interne, n’engagent plus de frontaliers au RH. En effet, une récente étude a démontré qu’un Frontalier opérant comme cadre au RH n’engage que des compatriotes au détriment des résidents genevois.

 

La situation économique se dégradant, il est de notre devoir de favoriser l’engagement de Genevois. Nous en reparlerons dans un avenir proche.

 

Il est temps de remettre le citoyen genevois au centre des débats, car, ne l’oublions pas, nos mandats ne sont qu’une délégation de sa suprême autorité.

 

En vertu des pouvoirs qui sont ceux du député, des devoirs et obligations qui sont ceux du Conseil d’État, voici la question posée dans le cadre de cette IUE, conformément à l’article 162A LRGC :

 

Le Conseil d’Etat étant l’autorité de contrôle des établissements ou fondation subventionnées, combien de travailleurs frontaliers (c’est-à-dire uniquement les étrangers résidant à l’étranger et travaillant à Genève) comptent-ils par entités et dans le secteur tertiaire, en détaillant le nombre de cadres et d’employés aux ressources humaines ?

 

 

REPONSE DU CONSEIL D'ETAT

Les chiffres ne sont pas connus de l'administration cantonale.

 

Au bénéfice de ces explications, le Conseil d’Etat vous invite, Mesdames et Messieurs les députés, à prendre acte de la présente réponse.

 

AU NOM DU CONSEIL D'ETAT

Le chancelier : Le président :

Robert Hensler Laurent Moutinot

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Le Conseil d’Etat étant l’autorité de contrôle, combien de travailleurs frontaliers (c’est-à-dire uniquement les étrangers résidant à l’étranger et travaillant à Genève) sont employés pour chacune des communes genevoises dans leurs administrations, en détaillant le nombre de cadres et d’employés aux ressources humaines ?

 

REPONSE DU CONSEIL D'ETAT

Les chiffres ne sont pas connus de l'administration cantonale.

 

Au bénéfice de ces explications, le Conseil d’Etat vous invite, Mesdames et Messieurs les députés, à prendre acte de la présente réponse.

______________________________________________________________________________________

 

Le Conseil d’Etat étant l’autorité de contrôle des établissements publics autonomes, combien de travailleurs frontaliers (c’est-à-dire uniquement les étrangers résidant à l’étranger et travaillant à Genève) comptent-ils par entités et dans le secteur tertiaire, en détaillant le nombre de cadres et d’employés aux ressources humaines ?

 

REPONSE DU CONSEIL D'ETAT

Les chiffres ne sont pas connus de l'administration cantonale.

 

Au bénéfice de ces explications, le Conseil d’Etat vous invite, Mesdames

et Messieurs les députés, à prendre acte de la présente réponse.

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Quel est le pourcentage, à Genève, de jeunes ne trouvant pas d’emploi depuis la fin de leur formation professionnelle (année 2008) ?

REPONSE DU CONSEIL D'ETAT

 

Le nombre de diplômes professionnels et universitaires délivrés en 2008 n'est pas disponible pour l'instant. C'est pourquoi nous montrons les chiffres de 2007 :

 

Nombre de diplômes délivrés, canton de Genève : 6 642

Nombre de demandeurs d'emploi inscrits à l'OCE en tant qu'étudiant, écolier, apprenti : 450 Pourcentage : 6,78%

 

Note : le pourcentage est indicatif, des ordres de grandeur en présence, les demandeurs d'emploi n'ayant pas nécessairement obtenu leur diplôme en

2007.

On observe qu'un certain nombre de jeunes diplômés s'inscrivent au chômage après l'obtention de leur diplôme, notamment pour trouver une place de stage.

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Quel est le nombre de chômeurs genevois par catégorie

professionnelle ?

 

REPONSE DU CONSEIL D'ETAT

Le nombre de chômeurs genevois par catégorie professionnelle est le suivant à la fin septembre 2008 :

 

-      Agriculture, écon. forestière, élevage/soins aux animaux 113

-      Prod. de denrées alimentaires, de boissons, de tabacs 51

-      Industrie textile et industrie du cuir 62

-      Travail de la céramique et du verre 4

-      Usinage de métaux et construction de machines 84

-      Electrotech., électronique, ind. horlogère, const. véhicules et outillage 251

-      Industrie du bois et du papier 55

-      Arts graphiques 34

-      Industrie chimique et matières plastiques 57

-      Autres professions du façonnage et de la manufacture 186

-      Ingénieurs 111

-      Techniciens 83

-      Dessin technique 96

-      Machinistes 56

-      Informatique 224

-      Construction 607

-      Exploit. minière, trav. de la pierre et fab. de mat. de construction 4

-      Professions commerciales et de la vente 1 226

-      Publicité et marketing, tourisme et admin. fiduciaire 384

-      Transports et circulation 420

-      Professions des postes et télécommunications 122

-      Hôtellerie et restauration, économie domestique 1 519

-      Nettoyage, hygiène et soins corporels 928

-      Entrepreneurs, directeurs et fonctionnaires supérieurs 593

-      Professions commerciales et administratives 1 513

-      Professionnels de la banque et employés d'assurance 299

-      Professions afférentes au maintien de l'ordre et à la sécurité 227

-      Professions juridiques 79

-      Professions des médias et apparentées 281

-      Professions artistiques 331

-      Assistance sociale et spirituelle, éducation 605

-      Sciences sociales, humaines, naturelles, physiques et exactes 132

-      Professions de la santé 379

-      Profession du sport et du divertissement 9

-      Professions du secteur tertiaire spa 63

-      Profession dont l'activité professionnelle ne peut être définie 299

-      Non spécifié 628

-      Total 12 115

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Quel est le pourcentage des candidatures de frontaliers, par département de l’administration, par année depuis 2002 ?

 

REPONSE DU CONSEIL D'ETAT

Il n'existe aucun registre compilant au fil du temps les candidatures consécutives à une publication dans le bulletin des places vacantes de l'Etat ou suite à une offre spontanée pour occuper une fonction dans l'administration publique cantonale. Les chiffres réclamés dans cette interpellation urgente ne sont dès lors pas connus.

 

Au bénéfice de ces explications, le Conseil d’Etat vous invite, Mesdames et Messieurs les députés, à prendre acte de la présente réponse.

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Combien de chômeurs, âgés de plus de cinquante ans étaient inscrits à l’Office cantonal de l’emploi à fin septembre 2008 ?

 

REPONSE DU CONSEIL D'ETAT

2 583.

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Question :

Combien de chômeurs de longue durée étaient inscrits à l’Office cantonal de l’emploi à fin septembre 2008 ?

 

REPONSE DU CONSEIL D'ETAT

2 998.

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Question :

Combien de citoyens étaient au bénéfice du RMCAS fin septembre 2008 ?

 

REPONSE DU CONSEIL D'ETAT

1 373.

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Question :

Combien de citoyens étaient inscrits à l’Hospice Général fin septembre 2008?

 

REPONSE DU CONSEIL D'ETAT

A fin septembre 2008, il y avait:

– 6 183 dossiers d'aide sociale et financière;

– 1 373 dossiers RMCAS.

Au bénéfice de ces explications, le Conseil d’Etat vous invite, Mesdames et Messieurs les députés, à prendre acte de la présente réponse.

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Question :

Combien de citoyens étaient au bénéfice d’emplois formation (ETC) fin

septembre 2008 ?

 

REPONSE DU CONSEIL D'ETAT

L'interpellateur mélange en réalité deux notions différentes que sont:

– les nouveaux programmes cantonaux d'emploi et de formation (PCEF), qui étaient au nombre de 465 à fin septembre 2008;

 

– les anciens emplois temporaires cantonaux (ETC), appelés à disparaître progressivement depuis le 1er février 2008 suite à l'adoption de la nouvelle loi cantonale en matière de chômage, et dont le nombre à fin septembre 2008 était de 583.

 

Au bénéfice de ces explications, le Conseil d’Etat vous invite, Mesdames et Messieurs les députés, à prendre acte de la présente réponse.

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Alors Monsieur Blanc..... un commentaire? 

11:29 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | | |