18/01/2008

BCGE Fondation - Lorsque Genève déraille c’est qu’une incompétence en cache une autre

Publié le 18 janvier 2008 dans la TdG

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Un rapport épingle la Fondation de valorisation des actifs de la BCGE

IMMOBILIER |L'élu du MCG Eric Stauffer taxe les dirigeants de la Fondation d'incompétence.

http://www.tdg.ch/pages/home/tribune_de_geneve/l_actu/gen...

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Pour ceux qui n’étaient pas  dans le train depuis le départ, je rappelle brièvement les faits :

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1. Lors de la débâcle de la BCGe, un portefeuille immobilier d’une valeur de 5'000'000'000 (cinq milliards de francs) de créances a été transféré à une usine à gaz inventée par la majorité de gauche du Grand Conseil de l’époque sous la houlette d’un certain Christian Grobet. Il était appuyé, en coulisse, par toute l’intelligentsia de la gauche caviar et la droite immobilière bien pensante. Les uns pour s’y recycler en mandats juteux de conseillers, les autres pour y repêcher des « amis » tombés en disgrâce suite au crash immobilier des années 90. C’est ainsi qu’est née la FondVal, dite fondation des casseroles.

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2. Dans cette fondation, se sont retrouvés cote à cote des vautours de l’immobiliers, des promoteurs véreux, des gens très honnêtes en difficulté passagère, et d’autres débiteurs très corrects qui n’avaient pas d’autre tort que celui d’avoir eu pour créancier hypothécaire une banque conduite par une équipe d’incompétents.

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3.Le plus étonnant est que les politiciens de l’époque qui s’étaient érigés en « chevaliers blancs » n’ont rien trouvé de mieux que de mettre à la tête de la FondVal une bonne partie de la division immobilière qui avait, des années durant, creusé le fameux trou de cinq milliards !

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BCG_Affiche
  

 

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4.En d’autres termes, une équipe de politiciens, plus éblouis par les gains à courte échéance que par une volonté de rétablir les responsabilités réelles de la débâcle, s’est instituée en « experts en ingénierie financière immobilière ».

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5.Le dossier du 18 avenue Louis Casaï fait partie des dossiers dans lesquels il y à la fois de l’incompétence et  une gestion calamiteuse des intérêts publics.

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Maintenant que tout le monde est à bord du train, les planqués en 1ère classe et les citoyens « gogo » de l’histoire en 2ème, comme il se doit, je vous rappelle l’histoire du 18 Casaï.

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A. En     un promoteur immobilier achète l’immeuble et obtient de la BCGe un crédit de 180 millions (valeur totale des engagements de Mr X).

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B. Arrive la crise immobilière des années 90 et cet  « investisseur » ne peut plus faire face à ses obligations.

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C. Le dossier passe en contentieux et finalement transféré à la FondVal pour une contre-valeur des crédits fallacieux et sans fondement octroyé à Mr X.

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D. La FondVal acquiert cet objet en 2002 pour le prix de 51 millions alors qu’il avait été expertisé 37 millions une année auparavant par la FondVal elle même. Le plus piquant est que cette acquisition n’a pas été faite par paiement mais par compensation de créance, la FondVal passant un accord selon lequel le débiteur ne pourrait pas être recherché pour le solde au cas où l’immeuble serait finalement vendu à perte !

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E. Le plus grave étant, bien entendu que cette perte aurait pu être réduite si les dirigeants de la FondVal (les mêmes qui jadis directeur de la BCG avaient octroyés les crédits fallacieux) avaient géré le bien public avec impartialité et attention. Tel n’a manifestement pas été le cas puisque l’immeuble a été vendu pour 40'000'000 moins les commissions (690'000.- !) alors qu’il y avait d’autres acheteurs potentiels pour le prix de 44'000'000.- soit une diminution de la perte de 4'000'000.-. Le plus cocasse est encore que le client (SwissRE) à réussi mettre 2 courtiers mandaté par la FonVal en compétition pour faire de la sous-enchère. Résultat de 2 à 4 millions de perte pour le contribuable et c’est l’expert nommé par le Conseil d’Etat qui le dit !Pour certains cela semble être une paille mais je ne suis pas certain que le citoyen qui devra payer l’adition finale proportionnellement à ses gains sera de cet avis !

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En ma qualité d’élu du Peuple, j’ai, naïvement certes, estimé que ceux qui agissent au nom et pour le compte de l’Etat ne peuvent et ne doivent pas pouvoir, de leur seul fait, porter atteinte au bien public en toute impunité.
La justice m’a donné tort (toutes mauvaises gestions ne revêt pas forcement un caractère pénal), je n’ai pas d’autre choix que de m’incliner devant cette décision judiciaire.

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Je relèverai toutefois que l’instance qui s’est prononcée n’est pas une instance de jugement mais la chambre d’accusation et que, de ce fait, aucune information pénale n’a été ouverte.

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Cela ne manquera pas de choquer les mêmes citoyens qui passeront à la caisse au final puisqu’ils ne paieront plus seulement pour une gestion calamiteuse de « leur » banque mais aussi pour l’incompétence crasse dont aura fait preuve un quarteron d’apprentis sorciers adeptes la magie la plus noire de la finance locale.

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Il me semble donc opportun de rappeler ici que si cette décision peut en choquer certains elle s’inscrit dans la logique. Il faut en effet se souvenir qu’à Genève, la justice n’est pas indépendante des autres pouvoirs par le simple fait que ses membres sont tous désignés par les mêmes partis politiques que ceux qui se partagent la majorité des autres pouvoirs.

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Au risque de surprendre mes contradicteurs les plus acharnés, je confesse donc ma défaite dans la lutte contre ceux qui vilipendent le bien public.

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J’espère que les Genevois les plus modestes et  ceux qui sont hors des arcanes de la politique des coulisses auront compris que leurs intérêts ne pèsent pas grand-chose dans la grande balance des intérêts politiques des gouvernants.

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Cette pierre vient grandir le mur qui sépare désormais le Souverain, au service duquel doivent agir les agents de l’Etat, et le microcosme politique dominant qui nous prouve, une fois de plus, son mépris pour les Institutions fondamentales de la République au profit d’intérêts qui deviennent de moins en moins avouables.

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Eric Stauffer

Député

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