12/10/2014

LE PS SOUTIENT LE COMMERCE POLITIQUE INEQUITABLE

Bien des Genevois pourraient dire que j’ai, une fois de plus, fait un esclandre pour le seul plaisir de faire parler de moi et du Mouvement Citoyens Genevois.

La réalité est tout autre, j’ai mis en mouvement la voix citoyenne que nous représentons. Ces citoyens qui ont majoritairement procédé aux changements des règles électorales comme le leur proposaient les constituants. Je l’ai fait avec d’autant plus de conviction que je n’étais pas nécessairement favorable au nouveau texte. Mais en démocratie, il faut savoir, une fois que le Souverain s’est exprimé, défendre sa volonté jusqu’au bout et dans les détails.

Ce d’autant que le projet de loi que nous proposait le Conseil d’Etat était une interprétation fidèle des nouvelles règles constitutionnelles en élections majoritaires.


En résumé, selon ce projet de loi, il n’était plus possible de construire de toutes pièces des listes de traverses entre les deux tours. Seules les listes présentes au premier tour participaient au second. Une façon claire et démocratique de mettre un terme à ces pratiques, peu glorieuses, qui ne visent qu'à lutter sur le fond mais qui n’ont d’autre stratégie que d’attaquer des personnes. Le cas de Vernier est l’archétype de ce procédé qui a permis d’associer la carpe, le lapin et l’âne pour barrer la route au vainqueur de l’élection précédente.
Le gouvernement tenait à ce que prime le système de concorde, qui fait la stabilité de la Suisse, et qui nous épargne ces trafics malsains. Pour faire court, le Conseil d’Etat voulait une expression équitable de la volonté populaire.

En termes moins théoriques, ce que visait le conseil d’Etat dans son projet était de s’assurer que la volonté populaire exprimée au premier tour ne serait pas travestie pas des « combinazzione » d’entre deux tours.
Tout au contraire, les partis qui tiennent la majorité des pouvoirs ont bien compris que ce projet, s’il était bénéfique à une réelle traduction législative de la volonté des constituants, n’en mettait pas moins leur florissant commerce électoral en péril.

La réelle surprise, pour moi comme pour mon groupe, fut de constater que ces iniquités étaient soutenues par le président Droin, par ailleurs défenseur du commerce équitable. C’est dire si la menace électorale était sérieuse pour qu’il soit capable d’aller contre les principes qu’il défend et le font vivre au quotidien.
C’est contre cela et uniquement contre cela que le MCG, par ma voix, s’est élevé. Le président du parlement, appartenant à l’une des formations les plus assidues à ce genre de pratiques, ne voulait pas entendre parler d’amendements qui ramènent la normale et il a opté pour le coup de force. Comme cela avait cours dans les années 30 dans certains pays d’Europe.

J’ai alors, comme l’exige la LRGC, quitté ma place de deuxième Vice-Président du Parlement, pour reprendre ma place de député de rang. J’ai alors exigé l’application pur et simple de l’article 79 lettre a de la dite loi, constatant que la manœuvre présidentielle violait gravement nos règles. Faire voter un amendement sans l'avoir distribuer sans l'avoir lu, n'était pas acceptable!

C’est alors que, comme tout président en proie à la perte du contrôle de soi, il a fait appel aux forces de l’ordre pour me faire évacuer. Pourquoi? Pour avoir demandé l'application de la LRGC, c'est-à-dire a tout le moins lire l'amendement proposé au vote! C'est la moindre des choses!

image.jpgIl faut savoir que depuis la révolution faziste, ce genre d’incident ne s’est plus reproduit. Ce qui m’amène à deux constatations. La première est que l’on ne prend pas la présidence d’un parlement si l’on ne sait pas conduire une telle assemblée dans ses moments les plus forts, c'est-à-dire lorsqu’une majorité entend priver le Peuple Souverain de ses droit légitimes, plus précisément l’interdiction de modifier le résultat de sa volonté par des listes de traverse qui n’étaient pas présentes au premier tour.

La seconde est que la révolution faziste a été menée contre les patriciens pour permettre au Peuple d’avoir voix au chapitre et qu’il est pour le moins cocasse de constater que 167 ans plus tard, ce sont ceux qui s’affichent comme étant les successeurs des radicaux dans la lutte pour les petites gens, le Parti Socialiste, qui les trahissent en s’acoquinant aux bourgeois modernes et aux conservateurs catholiques du PDC pour permettre de violer sa volonté exprimée dans les urnes.

Le sommet de l’infamie aura été que le président profite d’une suspension de séance et du départ d’un tiers du parlement pour faire voter cette loi inique. Chavannes a dû se retourner dans sa tombe !
Il y a dans ce parti un chef de file au PS qui accuse volontiers les autres, ceux qui ne conviennent pas à sa vision hégémonique, d’avoir des comportements et des attitudes à tendance « fachistoïdes ». Il sait désormais qu’il a dans ses propres rangs des éléments, et non des moindres, qui vont, franco, au-delà de la simple tendance.

Eric Stauffer

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