06/08/2013

Discours du 1er aout Eric Stauffer

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Mes chères concitoyennes et chers concitoyens,

Vous me pardonnerez de ne pas employer les salutations inaugurales usuelles.

La raison en est qu’en ce jour, c’est la mémoire de nos ancêtres, fondateurs de ce pays que nous honorons.

A ce titre, seuls les citoyens comptent, car unis ils forment le Souverain, sans titre ni autre décorum.

Ce que Walter Fürst, Arnold de Melchtal et Werner Stauffacher ont accompli, ce jour d’août 1291 sur la plaine du Grütli, n’est rien d’autre que la démonstration de la ferme volonté des peuples d’Uri, Schwytz et Unterwald d’être des citoyens à part entière et non plus les sujets des Habsbourg, devenus empereurs du Saint-Empire romain germanique.
Ce pacte est le fondement de l’indépendance et de la Souveraineté de la Suisse et de nos libertés individuelles que rien ni personne ne peuvent prétendre atteindre sans l’accord du Peuple lui-même.

Quelques esprits chagrins, mais surtout jaloux de la réussite de ce pacte, tentent de nous dire qu’il s’agit d’un mythe.

C’est bien la démonstration de l’envie que nous suscitons hors de nos frontières, tant chez nos voisins directs qu’à travers le monde dans des Etats qui n’ont plus de la démocratie que le nom, mais vidé du respect de son essence, nous les citoyens.

Ce qui sans nul doute dérange le plus ces esprits critiques, c’est la modernité de ce texte.

En effet on y trouve, aussi bien des éléments de droit civil, pénal, public que les prémisses d’un accord international d’entraide judiciaire et de répression des fraudes.

Soit précisément les enjeux que la Suisse moderne rencontre dans ses relations aussi bien confédérales qu’internationales. Ce pacte est surtout, bien avant que Montesquieu ne le pense, le point de départ de l’indépendance des juges et l’autonomie de la justice. Le pacte de 1291 est et demeure l’esprit de la Suisse qui vit dans chaque citoyen de notre pays, voici ce qui a été déclaré ; « De même, après commune délibération et d'un accord unanime, nous avons juré, statué et décidé que nous n'accepterions et ne reconnaîtrions en aucun cas dans lesdites vallées un juge qui aurait payé sa charge de quelque manière, soit en argent soit à quelque autre prix, ou qui ne serait pas de chez nous et membre de nos communautés. ». « Communi etiam consilio et favore unanimi promisimus, statuimus ac ordinavimus, ut in vallibus prenotatis nullum iudicem, qui ipsum officium aliquo precio vel peccunia aliqualiter comparaverit vel qui noster incola vel conprovincialis non fuerit, aliquatenus accipiamus vel acceptamus. »

Ce point central du pacte de 1291 doit toujours être présent à notre esprit. Il nous appartient notamment de veiller à ce que l'indépendance de nos juges soit réelle. Ces derniers doivent être affranchis de tout lien avec des partis politiques, malheureusement à Genève ce n’est pas le cas, un citoyen pour être juge doit d’abord prendre sa carte de parti politique. Nous veillerons à ce que cette dépendance politique tombe, la nouvelle constitution n’est malheureusement pas assez précise sur ce point.

Si la Suisse moderne peut afficher cette réussite c’est que, conscients de l’extrême fragilité de cet assemblage, ceux qui l’ont dirigée jusqu’ici ont toujours su protéger les minorités et composer un Exécutif fédéral capable de former une équipe soudée dans laquelle les individualités et les aspirations personnelles passaient bien après la cohésion du pays.433px-Swiss_Rütlischwur.jpg

La Suisse, est-il besoin de le rappeler, n’est pas une nation mais une alliance de volontés. A ce titre, toute initiative personnelle ne peut que conduire à des tensions qui sont autant de freins à notre prospérité.
Cette prospérité que nous envie notre grand voisin alors qu’elle est tout autant à la portée de ses membres qu’elle est notre fait. Pour cela il faut s’y atteler sans relâche. Tant en promouvant les libertés, à commencer par celle d’entreprendre et de commercer qu’en réduisant les dépenses publiques inutiles.

La prospérité est la meilleure réponse à la pauvreté. Même les plus jacobins de nos voisins le reconnaissent.

Il appartient dès lors à celles et ceux qui, de leur propre volonté, ont voulu gouverner notre pays de veiller à la fois à la protection de sa Souveraineté et à la défense de son indépendance.
Contrairement à ceux de 1291, les gouvernants actuels ont osé remettre en cause la souveraineté de notre système législatif au motif qu’il fallait porter secours à des sociétés privées qui avaient lourdement fauté.

On ne peut tolérer, sous peine de remettre en cause l’essence même de notre alliance confédérale, que des conseillers fédéraux puissent imaginer, une seconde, que nos députés allaient accepter une telle démission de l’Etat fédéral sur son propre sol.

Merci donc à ces députés, dont le conseiller national présent ce soir parmi nous, d’avoir su remettre ce conseil fédéral à sa place. Celle d’exécutant de la volonté du Souverain qui, à 74% selon des sondages fiables, était totalement opposé à l’intrusion d’un droit étranger dans notre système juridique, même à titre temporaire.

Il est regrettable que l’exécutif fédéral ne se soit posé la question qu’en miroir d’intérêts bassement mercantiles et non pas à la lumière de la volonté de ses citoyens.

Ici comme ailleurs lorsqu’une collectivité vous confie son destin, il n’est plus qu’une seule chose qui compte : assurer le bonheur du plus grand nombre, la paix publique, la réussite de tout un chacun en fonction de ses capacités. Le tout inséré dans un système démocratique qui permet à tous de s’exprimer librement.

C’est tout le sens de l’engagement que mes collègues du conseil administratif et moi-même avons envers vous citoyennes et citoyens d’Onex.

2013 est l’année des hannetons, comme on a coutume de dire à Genève. Autrement dit l’occasion pour le Souverain genevois de renouveler sa représentation tant parlementaire que gouvernementale.

Les enjeux genevois ne sont pas moindres que ceux de la confédération, notre souveraineté étant, par certains aspects, elle aussi remise en cause par les effets pervers d’accords qui ne tiennent pas compte de nos spécificités Genevoise. Une autre entorse malheureuse à notre tradition de respect des minorités.

Il ne sert toutefois à rien de s’en lamenter, nous devons agir.
Il est notamment devenu urgent de faire entendre la voix des Genevois, par un gouvernement fort et uni dans l’action. Le temps des alliances molles est révolu.

Les Genevois subissent aujourd’hui l’ensemble des effets pervers de l’ouverture sans freins de leur marché d’emploi, sans aucune limite posée par leur gouvernement.

Seule une annonce, à peine audible, relative à l’emploi du secteur public a fait illusion. Malheureusement, il ne s’agissait-là que d’un leurre.
Il faudra dès lors que le prochain gouvernement passe de l’aimable discours de circonstance à l’action de terrain. Soit la démonstration par des actes et non des discours !

Sur le plan de la sécurité, le renouvellement est en cours. Même s’il est encore perfectible, il prend le chemin qu’il n’aurait jamais dû quitter. Démonstration que participer à un gouvernement n’est pas seulement un poste que l’on occupe mais une responsabilité que l’on endosse devant Dieu et par devant le peuple.

Sur le plan de la santé, bien des choses à dire. Il est indispensable, là aussi, que la relation entre le canton et la confédération se réoriente vers plus de respect des assurés.
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Il est, par exemple, inadmissible que des sociétés de capitaux bénéficiant d’un monopole de nature cartellaire, puissent avec la complicité, même passive de l’administration fédérale, capter des primes d’assurance à leur profit sans avoir à les rembourser lorsque le subterfuge est découvert. Merci à nos députés fédéraux, tous partis confondus, pour ce qu’ils ont fait pour nous défendre dans ce sens.

Veillons donc, lors du renouvellement de notre gouvernement, à ce que nous soyons bien représentés dans ce dicastère.

L’enseignement doit, lui aussi, bénéficier des meilleurs techniques, les plus modernes. C’est le meilleur gage pour contrer celles et ceux qui justifient la situation actuelle par l’inadéquation entre les formations données à Genève et les besoins de l’économie. Pour cela nous avons besoin de main d’œuvre qualifiée. La meilleure solution est l’apprentissage qui doit être valorisé, reconnu et surtout épargné de tracasseries administratives qui démotivent les petits patrons.
Il n’y a pas de miracles économiques et lorsqu’ils se produisent, ils tournent souvent au cauchemar. Celui de l’Europe est là, sous nos yeux, pour le démontrer. Seule une économie saine, telle que la nôtre peut affronter les changements en cours. Encore faut-il qu’elle sache se régénérer. Genève n’échappera pas à cette réalité.

Nous devons donc penser au renouvellement de notre tissu industriel. La nouvelle constitution nous offre l’opportunité d’y réfléchir et d’aller dans ce sens par le biais de l’écologie industrielle.

Il ne s’agit pas d’un concept baba-cool de plus ou d’une utopie sortie du chapeau de professeur Tournesol.

Tout au contraire il s’agit d’un modèle qui a fait ses preuves par une mise en réseau des capacités et des besoins. Le modèle de Kalundborg au Danemark est significatif. En quelques années grâce à l’optimalisation de la symbiose industrielle cette commune de 160km2 est parvenue à établir un réel écosystème industriel capable, notamment, de réutiliser les déchets des uns pour en faire des composantes de produits finis pour d’autres et de réaliser des économies énergétiques très appréciables. Le but est que chaque industrie se nourrisse des rejets de ses voisins afin de minimiser les besoins en matières premières et de réduire les déchets à leur portion congrue. Oui c’est aussi possible à Genève !
Sortir du cycle consommation/destruction pour aller vers celui, prometteur, de l’utilisation /valorisation/transformation/ré-utilisation constitue un réel défi. Cet enjeu est crucial pour notre avenir au moment où nous basculons d’une société à une autre.

Là aussi, nous avons besoin de gouvernants pragmatiques et visionnaires. La théorie ne suffira pas, la pratique d’un exécutif sera essentielle de même que la parfaite connaissance des arcanes communales de Genève.
En matière de circulation, on tente de faire accroire que notre réseau est bloqué à cause du libre choix du mode de transport. La réalité est toute autre. Le réseau est volontairement encombré par des mesures artificielles.

Nous devons sortir de cette spirale infernale et repenser la problématique sans état d’âme tout en respectant notre constitution.
Sans oublier une organisation des transports publics digne de ce nom, contrairement aux pratiques en cours.

Voilà mes chères concitoyennes et chers concitoyens les enjeux que tant Genève que la Confédération doivent affronter à l’aube en ce jour anniversaire du pacte fondateur de notre pays.

C’est unis face à ces défis, comme nos ancêtres de 1291, que nous les affronterons avec succès.

Ayons confiance en nous et en nos institutions, soyons fier de notre pays, de nos traditions, de nos valeurs. Osons affirmer qui nous sommes et notre ferme volonté de nous défendre contre toute velléité d’intrusion ou d’altération de notre modèle.

VIVE LA SUISSE
VIVE GENEVE
VIVE ONEX

Eric Stauffer
Maire de la Ville d'Onex
Député

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Commentaires

Bravo pour ce merveilleux discours !
Mon mari et moi adhérons totalement.

NOUS VOTERONS MCG LE 6 OCTOBRE PROCHAIN !

Écrit par : Eveline Bellon | 06/08/2013

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