04/09/2008

Opération Anti-Dealers

 tit_footer.gifGENÈVE LE 4 septembre 2008

 

 

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Une poignée d'élus aux Pâquis

Des élus du Mouvement citoyens genevois ont décidé de venir au secours des habitants de ce quartier gangrené par le trafic de drogue


Valérie Duby - le 03 septembre 2008, 23h00
Le Matin

 

Ils étaient une dizaine, mardi soir, à avoir endossé le T-shirt du MCG pour une descente médiatisée aux Pâquis. Président du Mouvement citoyens genevois, le député Eric Stauffer - qui entame sa campagne pour les prochaines élections - a décidé de prendre le taureau par les cornes. Récupération politique? Sans doute. Il n'empêche. «Le trafic de drogue pourrit la vie de ce quartier où règne l'insécurité.

La police fait son travail, mais elle ne dispose pas de moyens suffisants», constate Eric Stauffer. En une heure, l'élu et ses acolytes ont récolté plus de 200 signatures à leur pétition intitulée «Drogue, dealer, insécurité, stop!» Micro en main, Stauffer va à la rencontre des habitants. «On en a marre de cette racaille», assure un client de la Houblonnerie, rue de Berne, qui vise très clairement les dealers, pour la plupart des Africains, fourmillant dans le quartier depuis des mois. «Ce sont les effets de la loi Dati, constate le maréchal du poste de gendarmerie des Pâquis, Jean-Claude Francey. Les lois se sont durcies en France. Du coup, les délinquants viennent chez nous! Et la plupart ne sont pas expulsables. C'est frustrant!»

Les Pâquis? Ça a toujours été le quartier chaud de Genève, celui où l'on venait s'encanailler pendant le Salon de l'auto. Mais, depuis deux ou trois ans, même les belles de nuit enregistrent une baisse du chiffre d'affaires. «J'ai bossé à Olten, Lucerne, je n'ai jamais vu une telle violence», lâche une jeune Vénézuélienne qui a décidé de ne travailler que la journée. En un an, les vols ont augmenté de près de 30% dans le secteur. «Ils volent devant la terrasse du restaurant», commente un serveur de La Boucherie. «Ce sont des chasseurs, ils reconnaissent qu'ils sont des voleurs», ajoute Bassam, patron du kebab l'Etoile de Beyrouth.

Agressée, à 94 ans


Quant aux rixes et aux agressions, elles font de plus en plus fréquemment la une des journaux. Le 20 août dernier, une dame de 94 ans a été sauvagement frappée par un individu, rue des Pâquis, alors qu'elle rentrait chez elle avec son sac à commissions. L'homme a failli la violer. Il est toujours en fuite.

«On n'a pas de travail. Qu'est-ce que tu veux que l'on fasse d'autre que de dealer?» interroge un jeune Africain, en Suisse depuis six mois.

Depuis une semaine, l'effectif du poste des Pâquis a été augmenté, les patrouilles renforcées. «Il semble qu'il y ait un peu moins de trafic, mais on ne peut dresser le bilan après si peu de temps», commente le commandant de la gendarmerie, Christian Cudré-Mauroux. «Par rapport à l'ampleur du désastre, cela ne peut qu'aller mieux», lâche un policier sous le couvert de l'anonymat. Lors de la «descente» du MCG aux Pâquis, la police a procédé comme chaque jour à plusieurs interpellations de dealers. Ce soir, elle recommencera l'opération. Inlassablement.

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 Bientôt le JT du MCG sur cette soirée!

 

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Commentaires

Ils peuvent endosser le bâton de pèlerin mais la hausse des requérants d'asile annoncée notamment le contingent de Nigérians va certainement renforcer les réseaux de drogues et de prostitution sur le territoire.

Écrit par : demain | 04/09/2008

C'est bien triste que l'on arrive à faire cela...quand on est politicien...plus que la police est dépourvue de moyens...
Quand j'entends, depuis la tribune du public, la députée verte, Sarah KLOPMANN, dire que si les ASM étaient armées, ils serait provocateurs, je me demande bien, si, elle n'aurait pas du vous accompagner...pour s'en rendre compte par elle-même de la problématique que vivent ces électeurs...

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 04/09/2008

Cette situation n'a qu'une seule et unique cause, la négligence totale d'un pauvre type qui s'appelle Moutinot.

Mon mari était gendarme et je peux vous dire qu'à son époque celui qui dirigeait ce département ne laissait pas aller et défendait à la fois ses hommes et la sécurité publique.

Il avait aussi un grand chef de la police qui n'avait pas besoin de se peindre les ongles pour montrer qu'il existait.

Au jourd'hui on a l'impression que le Conseil d'Etat est en course d'école permanente, avec Cramer qui se promène entre Genève et Berne, Hiler qui oublie de s'habiller correctement le matin, Moutinot qui fait de la roue libre, Muller qui au lieu de gonfler le ballon du servette se gonfle la tête, etc!

Knie n'oserait même pas faire une audition de ces clowns, ils feraient pleurer les enfants!

Une fois de plus le MCG est dans l'action, leurs députés mouillent la chemise et vont sur le terrain.

Tout ce que les PS ne font plus, endormis qu'ils sont dans les fauteuils dorés de l'administration qu'il gangrènent.

On a l'impression d'être à la veille de 1789 avec Louis XVI qui faisait des serrures alors que le Peuple souffrait.

Vive la carmaniole et que ces gens décampent du gouvernement.

Écrit par : Suzanne | 04/09/2008

Monsieur Moutinot doit être très sensible à la détresse de ce pauvre marchand de mort en poudre.. il n'a pas le choix. Il faut le comprendre et le soutenir psychologiquement et financiérement.

Ces clowns roses-verts doivent se réveiller!

Écrit par : Boris | 04/09/2008

S'il n'y avait pas Stauffer dans cette république, on n'ose imaginer ...
@ Boris : les "rose-vert" cités devraient déguerpir s'il existait dans notre Constitution un article prévoyant une initiative de destitution.

- Cramer se balade, enorgueilli de son double salaire, toujours bien beurré, et ose écrire des lettres mentionnant "vieux et illettré" à l'adresse du destinataire. Au lieu de s'occuper de la manière dont sont attribuées ou dépensées les subventions à certaines associations ...
- Moutinot, placide, continue à roupiller comme il l'a toujours fait, en attendant de toucher sa super cagnote.
- Beer, très sensible au thème de l'éducation, continue à torpiller l'institution, se fout de rendre des compte à la population qui l'a désavoué à 76%, maltraite des dossiers dans la plus grande indifférence, se promène nonchalamment et élégamment, croyant que ses beaux yeux suffisent à balayer les fautes graves commises sur son passage, etc, etc.

Écrit par : Micheline | 04/09/2008

Par "se réveiller" j'entendais justement dire qu'ils prennent leurs responsabilités (s'il leur en reste) et qu'ils dégagent.

Écrit par : Boris | 04/09/2008

Si les dealers ne peuvent pas êtres expulsés, il faut les occuper. Il y a, dans nos montagnes, des baraquements militaires inutilisés et cela leur serviraient de logement après qu'ils aient nettoyés les forêts, les cours d'eau, etc. Après un boulot si pénible, ils auraient le choix entre continuer à bosser ou réclamer à leurs familles des papiers pour êtres expulsés de Suisse. Mais, hélas, les gauchos trouveraient que nous respectons pas les Droits de l'Homme alors que les marchands de mort, eux, les respectent !!!. Rien ne changera à Genève tant que Moutinot sera en place ! Le pire c'est qu'après n'avoir rien foutu pendant les années passées au Conseil d'Etat, cet abruti rammassera un sacré pactole sur le dos des contribuables. Il pourra agrandir sa villa de Bellevue en construisant une annexe pour Mme. Bonfanti !!! !

Écrit par : Octave Vairgebel | 04/09/2008

Il y avait un projet pour envoyer les NEM dans les Alpes au dessus de Berne et comme vous le dites si bien cher Octave nous défenseurs et défenseuses des droits humains qui se soucient uniquement des criminels et jamais de leurs victimes se sont élevés contre cette atteinte intolérable aux droits humains des NEM.

Pour les criminels multi-récidivistes c'est le même topo dixit le fumeur de pipe dans les pages de la TDG qui trouvent que les genevois se plaignent trop et qu'au fond la "petite" criminalité n'est pas si grave et qu'on peut très bien vivre avec.

Je me demande juste s'il penserait la même chose si la pauvre vieille dame de 94 ans qui a failli être violée (on vit comme dans un monde!!!)avait été sa mère ou sa tante?

Le tout-le-monde-il-est-beau-tout-le-monde-il-est-gentil nous mène tout droit au désastre.

Écrit par : Boris | 04/09/2008

Bravo, Mr. Stauffer et Bravo au membresdu MCG qui ont mené cette action. si vous pouvez débarasser les Pâquis de ces problèmes de violence et de drogue tous les habitants vous seront reconnaissants et vous gagnerez des voix. Heureusement q'un mouvement comme le votre existe à genève, je vous félicite et vous encourage à continuer.

Écrit par : Mr. Zi | 04/09/2008

Ouais c'est bien, c'est en tous cas mieux que l'attitude de mou-tinot, mais ça reste pas très concret.

Passer moi le mot pour votre prochaine "descente", j'aimerais y participer, bien sûr pas dans le but de bastoner du xxxxx au hasard, mais simplement poser la questions aux quelques branleurs habituelles de savoir ce qu'ils font la et de quoi ils vivent.

CE

Écrit par : Eastwood | 05/09/2008

Action tout à fait intéressant. Je trouve aussi la situation aux Pâquis assez grave, comme d’ailleurs dans plusieurs quartiers de Genève.

En ce qui concerne le trafic de drogue, il faut bien se rendre compte que c’est une lutte sans issue. La seule solution efficace est de les légaliser et taxer, comme on le fait avec les cigarettes et l’alcool. La répression ne mène ultimement à rien du tout, sauf des prisons surpeuplées (voir situation aux USA). Où il y a une demande, il y aura aussi une offre. C’est une des lois universelles, existant dans toutes les sociétés humaines.

Un bon début pour s’en sortir, c’est voter oui à la légalisation partielle de la marihuana cet automne – ceci déchargeant la police pour s’occuper des choses plus importantes et pressantes.

Écrit par : Fabio | 06/09/2008

Mesdames, Messieurs,

J'ai eu de bonnes raisons d'autoriser la lec-
ture du Grand Cahier à l'Ecole de culture gé-
nérale Henry Dunant. C'est un classique de la
littérature, au même titre que Vipère au poing
d'Hervé Bazin. Et non pas un ouvrage de litté-
ture pornophile, zoophile, pédophile et scato-
logique, comme le prétend Madame Sarah Emonet,
Vice-Présidente du Comité Alerte. Le Départe-
ment de l'instruction publique n'a jamais cau-
tionné l'enseignement de la pornographie en
classe et les parents d'élèves scolarisés dans
la Commune de Vernier peuvent être rassurés.
A ce propos, un excellent cours sur la sexu-
alité de nos enfants sera dispensé par Madame
Marie-José Lacasa, psychologue, à l'Ecole des
parents le 15 et le 22 novembre prochain

www.ep-ge.ch

Accessoirement, je vous prie de respecter le
débat qui préside à l'élection complémentaire
au Conseil administratif de Vernier et de ces-
ser vos attaques directes à mon encontre. El-
les sont gratuites et inutiles. Elles ne m'at-
teignent pas et me laissent parfaitement indif-
férent. En revanche, je n'accepte pas le mépris
et le discrédit que les blogueurs jettent sur
l'école genevoise. Leur attitude me plonge dans
la consernation.

Nous sommes ici dans le registre d'une désin-
formation absolue qui confine à l'atteinte à
l'honneur des personnes dans leur fonction.
Je tiens donc à rétablir les faits : diriger
un établissement de l'enseignement secondaire
est une charge complexe qui requiert de for-
tes compétences administratives et de gestion,
conjugués à d'importantes aptitudes relation-
nelles. En effet, il s'agit pour un directeur
de stimuler les équipes enseignantes, de favo-
riser le dialogue professionnel dans le but
d'assurer une excellente qualité d'enseigne-
ment au bénéfice de tous les élèves sans ex-
clusion. L'objectif consiste aussi à rappro-
cher l'autorité scolaire du quotidien et du
terrain : le travail d'un directeur consiste
également à intensifier les liens avec les
familles, à intervenir, à informer à bon es-
cient, à renseigner clairement et parfois à
apaiser les inquiétudes.

Un directeur d'école doit être aussi capable
de régler des conflits, inévitables dans tou-
te communauté scolaire. Certains malentendus
ou désaccords peuvent avoir des incidences
non négligeables sur la vie d'un adolescent :
là encore, le directeur d'établissemnet sco-
laire secondaire a une partition délicate à
jouer, un rôle de médiateur pour construire
un climat d'école serein et propice aux étu-
des.

On sait aujourd'hui qu'un bon départ dans la
vie scolaire, l'acquisition solide de compé-
tences fondamentales ainsi que l'apprentis-
sage des règles de vie collectives dans un
cadre à la fois créatif et sécurisé sont des
enjeux déterminants pour le développement de
l'adolescent. Et pour la suite de son parcours
de formation. C'est une condition essentielle
pour confronter l'égalité des chances.

Enfin, j'observe qu'en véritables naufragés
de l'éthique, les auteurs des blogs ne sont
pas avares du fiel qu'ils distillent allègre-
ment. Ils touchent le fond et, ce faisant, ne
grandissent pas le débat nécessaire autour des
enjeux de l'école. J'en appelle à un débat ci-
toyen digne, loin de tout règlement des comptes,
soucieux de l'avenir de notre jeunesse. Un dé-
bat constructif dans le respect des faits et
des compétences indéniables des cadres et des
équipes enseignantes de l'école publique gene-
voise.

Je vous remercie.

Pierre Ronget,
Directeur au Département de l'instruction publique,
Conseiller municipal libéral,
Candidat de l'Entente genevoise et du Groupe les
Verts à l'élection au Conseil administratif de la
Ville de Vernier

Écrit par : Pierre Ronget | 06/09/2008

Yveutquoil'pierrot?c'estquoicesdiatribessansfinetsansqueuenitête?

Écrit par : coco | 06/09/2008

Qui est le "véritable naufragé de l'éthique", M. Ronget? Vos arguments à la mords-moi-la-noeud, les Verniolans s'en foutent! Le conservatisme n'est plus de ce siècle!!!!!!

Écrit par : Ludovic K. | 06/09/2008

lu sur un autre blog concernant le Ronget

Monsieur RONGET...
pourquoi mentir et tenter diversion pour noyer le poisson...!??

Vous savez très bien M. RONGET, que le grand cahier ,n'est pas...loin s'en faut une oeuvre littéraire de premier ordre...comme vous semblez l'entendre... M. BAZIN, est un auteur classique, reconnu depuis belle-lurette... et recompensé de nombreux prix litteraires...l'étude de ses oeuvres en classe est un classique du genre...!!
M. RONGET... Vous avez vous même reconnu lors de notre entretien, que le Grand- Cahier ne correspondait pas à vos goûts littéraires, relevant même que votre position affichée sur ce sujet , était dictée par M. Charles BEER, Conseiller d'Etat au DIP...

Ensuite... Vous nous accusez de onsidérer ce livre comme à teneur pornographique, scatologique, zoophile...

MAIS, vous savez vous-même M.RONGET, que cette critique n'est pas de "Nous", mais du Milieu Littéraire et Journalitique, qui ont déterminé cet ouvrage comme très controversé, le qualifiant d'oeuvre apologique sur les déviances sexuelles...
ENFIN, vous nous resservez le coup du livre de Hitler, ¨Mein Kampf¨, justifiant les choix littéraires voulus en classe...

Mein Kampf, peut-être considéré comme un ouvrage permettant d'expliquer et de comprendre une tranche de notre HISTOIRE commune sur les années 30-40...avec les horreurs perpetrées sur les juifs , roms, tziganes, noirs, homosexuels, russes...
Cela fait partie de notre "héritage commun", qu'il faut en effet enseigner en classe, pour que les consciences n'oublient jamais les horreurs du fascisme et de l'anti-sémitisme.
Mais pardonnez nous, M. RONGET, de ne pas comprendre l'analogie que vous semblez vouloir faire entre cet ouvrage et le Grand- Cahier...
Où est donc la part d'Histoire que vous appelez de vos voeux pour justifier l'étude de cet écrit en classe ?
Les déviances sexuelles n'ont rien à voir avec les cours d'éducation sexuelle dont vous faites état pour expliquer le rôle de l'école. Oui, il est juste d'enseigner la sexualité en classe, mais doit-on à tout prix expliquer dans un cadre scolaire les derniers sevices et horreurs sexuelles à la mode...?

Dans tous les cas... sachez que nous, PARENTS, n'accepterons JAMAIS que de telles insanités soient enseignées en classe, sous couvert de valeurs culturelles de premier ordre...

Écrit par : VERNIER | 07/09/2008

PIERRE RONGET DOIT DEMISSIONNER DE SES POSTES DE
DIRECTEUR AU DEPARTEMENT DE L'INSTRUCTION PUBLI-
QUE ET DE CONSEILLER MUNICIPAL AU CONSEIL MUNICI-
PAL DE LA VILLE DE VERNIER : NOUS NE VOUS VOULONS
PAS D'AFFAIRE ROLAND NEF A VERNIER !

CHARLES BEER DOIT CHANGER DE DEPARTEMENT EN
RAISON DE SON INCAPACITE A METTRE SUR PIED UNE
FORMATION DIGNE DE CE NOM POUR LES ENSEIGNANTS
SECONDAIRES ET SON REFUS D'HARMONISER LA FOR-
MATION DES ENSEIGNANTS PRIMAIRES A CELLES DES
AUTRES CANTONS ROMANDS EN CREANT UNE HAUTE
ECOLE PEDAGOGIQUE AVEC UNE FORMATION EN TROIS
ANS. SA VOLONTE D'IMPOSER UN MASTER EN SCIEN-
CES DE L'EDUCATION EN CINQ ANS INTERDIRA AUX
AUTRES ENSEIGNANTS ROMANDS FORMES EN TROIS ANS
DE TRAVAILLER A L'ECOLE PRIMAIRE A GENEVE :
INADMISSIBLE CAR LES AUTRES CANTONS ROMAND
RENDRONT INEVITA- BLEMENT DES MESURES DE RE-
TORSION A L'ENCONTRE DES GENEVOIS !

SOUTENEZ L'ARLE ET LE PARTI RADICAL QUI LANCENT
UNE INITIATIVE POUR LA CREATION D'UNE AUTHENTI-
QUE HEP A GENEVE !

SOUTENEZ LE MCG QUI SE BAT POUR LA SECURITE ET
CONTRE LE TRAFIC DE DROGUE DANS LES ECOLES !


LECTURES CONSEILLEES A CES MESSIEURS...

Résumé du livre

Arrivés de la Grande Ville avec leur mère, Claus et Lucas ne vont
rester que tous les deux chez leur grand-mère pendant la guerre.
Cette dernière est une femme sale, méchante, radine, analphabète
et meurtrière; les jumeaux vont alors entreprendre seuls une étran-
ge éducation. D'un côté ils s'entraînent à s'endurcir, à ne pas
s'apitoyer sur la douleur d'autrui et à tuer, et de l'autre, ils
écrivent la liste des tâches effectuées dans un grand cahier. Mais,
à la suite d'un certain nombre d'événements, les deux frères vont
se retrouver séparés, le premier dans ce même pays totalitaire,
le deuxième de l'autre côté de la frontière...

http://www.duo.uio.no/roman/Art/Rf-16-02-2/fra/Sanaker.pdf

Romansk Forum XV Skandinaviske romanistkongress
Nr. 16 – 2002/2 Oslo 12.-17. august 2002
735
John Kristian Sanaker
Universitetet i Bergen


Le Grand Cahier d’Agota Kristof - une «singularité francophone»

[...]

Agota Kristof est une des singularités francophones les plus remarqua-
bles. Née en Hongrie en 1935, elle fuit sa patrie lors de la répres-
sion soviétique en 1956 pour se réfugier en Suisse, où elle réside
toujours (près de Neuchâtel). Ayant déjà commencé à écrire des poèmes
en hongrois avant de s’expatrier, elle passe d’abord une longue pério-
de d’adaptation à son nouveau pays (apprentissage du français à l’Uni-
versité de Neuchâtel, travail dans l’horlogerie, comme vendeuse, comme
aide-dentaire), avant de commencer timidement à écrire en français.

Après quelques nouvelles (restées à l’état de manuscrit), elle écrit
des pièces radiophoniques et des pièces de théâtre, avant de créer
l’oeuvre qui lui assurera la notoriété, à savoir la trilogie romanes-
que Le Grand Cahier (1986), La preuve (1988) et Le troisième mensonge
(1991). Un quatrième roman, Hier, s’y ajoute en 1995.

La raison pour laquelle j’ai été amené à m’intéresser de plus près à
Agota Kristof est un fait divers survenu en France à l’automne 2000.
Des parents d’élèves ont porté plainte contre un professeur de collè-
ge qui avait faire lire Le Grand Cahier à ses élèves de troisième
(13-15 ans). Le professeur en question, enseignant débutant, fraî-
chement sorti d’un IUFM (Institut universitaire de formation des
maîtres), a été gardé à vue pendant trois heures, et la police a
perquisitionné à son domicile. On lui a reproché d’avoir mal choi-
si son public, les élèves de troisième étant trop jeunes pour être
exposés à un roman comportant entre autres des scènes de zoophilie
et de fellation.

D’autres parents d’élèves ont apporté leur soutien au malheureux
professeur, le ministre de l’éducation, Jack Lang, a trouvé bon de
rappeler au Principal de l’école que «les choix pédagogiques d’un
établissement scolaire relèvent exclusivement de la compétence des
équipes de professeurs», et les Editions du Seuil ont exprimé dans
un communiqué que Le Grand Cahier est «très vite devenu un classi-
que, traduit dans plus de vingt langues, étudié dans les lycées»,
tout en accusant une minorité des parents de vouloir «imposer un
ordre moral». Vous devinez peut-être que cette malheureuse affaire
a été rapidement classée sans sanction ni suspension du professeur.

En quoi ce fait divers peut-il être intéressant pour une bonne éva-
luation de ce roman très particulier? Il s’agit d’un roman propre à
susciter des réactions violentes chez des gens pudiques, mais c’est
en même temps un texte recommandé par le Ministère de l’éducation en
France pour les classes de lycée (à partir de la seconde, donc pour
des élèves de 15 ans et plus). La seule faute formelle de l’ensei-
gnant en question est donc d’avoir soumis le texte à une classe de
troisième, terminale du collège. Une recherche sur Google confirme
d’ailleurs la très grande attention portée au Grand Cahier (ainsi
qu’à son adaptation pour le théâtre) par des institutions pédagogi-
ques. Parmi les nombreuses pages qui y sont consacrées, un grand
nombre provient d’instances pédagogiques de pays non-francophones,
comme par exemple l’Angleterre et les Pays-Bas. Mais les deux pays
où le roman de Kristof semble surtout avoir retenu l’attention des
instances scolaires sont l’Allemagne et le Danemark. En Allemagne,
le livre est utilisé dans les cours de français au Sekundarstufe II,
c’est-à-dire pour des élèves de 17-18 ans, au Danemark, l’éditeur
Munksgård présente une édition du roman à utilser dans 2G («fransk
begynnersprog»), c’est-à-dire avec des élèves du même âge.

Les deux qualités principales mises en avant pour l’utilisation du
texte à l’école sont les suivantes : c’est un roman qui présente
d’une façon forte, saisissante le destin de deux enfants pendant
la guerre (et qui a donc des qualités propres à intéresser le pu-
blic ciblé, dans les pays francophones aussi bien que non-franco-
phones), et c’est un texte écrit dans un français très simple (une
qualité propre à ne pas décourager un jeune public d’apprenants
d’une langue étrangère).

Mais avant de poursuivre ces réflexions didactiques, résumons briè-
vement le roman. Le Grand Cahier est un texte à la première person-
ne du pluriel qui raconte l’aventure singulière de deux jumeaux pla-
cés chez leur grand-mère pendant la guerre. Pour supporter les mi-
sères de l’occupation et la méchanceté de la grand-mère, les deux
garçons s’entrainent méthodiquement à endurer le froid, la saleté,
la violence et toutes sortes de douleur que leur inflige la vie. A
force d’exercice, ils finissent par s’endurcir assez pour survivre;
une scène finale d’une terrible efficacité en témoigne : lorsque
leur père leur rend visite avant de vouloir passer la frontière
minée, ils le laissent tranquillement s’en aller à travers les
barbelés et se tuer en sautant sur une mine – et ainsi laisser la
voie libre à un des jumeaux qui passe clandestinement à l’étranger.
Reprenons maintenant les deux qualités du romans retenues par les
éducateurs, à savoir le portrait de deux enfants pendant la guerre
et la simplicité de la langue. Il est évident que la première n’en
fait pas automatiquement un roman pour jeunes (Munksgård présente
en effet son édition comme un «ungdomsroman»). Le récit des jumeaux
nous introduit à un monde dur qui résiste à toute lecture édifian-
te. La cruauté du monde où évoluent les jumeaux ne déclenche comme
réponse que leur propre cruauté envers les autres, sans qu’il y ait
une instance narrative, ni diégétique ni extradiégétique, pour «cor-
riger» le cynisme de leur univers. En effet, il s’agit d’un drôle de
roman pour jeunes où les deux garçons voient leur mère et leur père
mourir sans broncher. Dans une optique FLEiste, cependant, la pre-
mière qualité du roman, celle qui est une condition nécessaire pour
motiver la présence du texte dans les programmes d’études françaises
des pays non-francophones, est la simplicité de la langue. Cette sim-
plicité marque le vocabulaire aussi bien que la syntaxe. Dans un pre-
mier temps, elle semble motivée par l’âge des jumeaux et leur activi-
té de diaristes. C’est l’écriture de jeunes gens qui enregistrent et
notent sans évaluer les événements.

Mais cette sécheresse de l’écriture est aussi thématisée dans le tex-
te, et elle n’est pas seulement motivée par l’âge des diaristes ; il
s’agit en effet d’un véritable projet d’écriture dont le but est d’é-
viter toute subjectivité, toute expression de sentiments. Le petit
chapitre qui s’intitule «Nos études» comporte toute une poétique de
la sécheresse discursive ; y est présentée une «leçon de composition»
où les jumaux, après deux heures de travail, échangent leurs feuilles
pour les corriger et décider si c’est «Bien» ou «Pas bien» à recopier
dans le Grand Cahier : pour décider si c’est ’bien’ ou ’pas bien’, nous
avons une règle très simple : la composition doit être vraie. Nous de-
vons écrire ce qui est, ce que nous voyons, ce que nous entendons, ce
que nous faisons. Par exemple, il est interdit d’écrire ’Grand-Mère res-
semble à une sorcière’ ; mais il est permis d’écrire ’Les gens appellent
Grand-Mère la sorcière’. (...) Nous écrirons ’Nous mangeons beaucoup de
noix’ et non pas ’Nous aimons les noix’, car le mot ’aimer’ n’est pas un
mot sûr, il manque de précision et d’objectivité. ’Aimer les noix’ et
’aimer notre mère’, cela ne peut vouloir dire la même chose.

(...)

Les mots qui définissent les sentiments sont très vagues ; il vaut mieux
éviter leur emploi et s’en tenir à la description des objets, des êtres
humains et de soi-même, c’est-à-dire à la description fidèle des faits.

Voilà les principes d’une écriture radicale : enlever à la langue roma-
nesque tout ce qui est émotion, évaluation, subjectivité, ambiguïté ;
ne retenir qu’un discours descriptif pur, une «description fidèle des
faits» vus, entendus et accomplis. A part un vocabulaire descriptif
restreint et élémentaire, la simplicité discursive se manifeste par
une nette prédominance de constructions parataxiques. En voici quel-
ques exemples : Grand-Mère ne se déshabille jamais. Nous avons regar-
dé dans sa chambre le soir. Elle enlève une jupe, il y a une autre
jupe dessous. Elle enlève son corsage, il y a un autre corsage des-
sous. Elle se couche comme ça. Elle n’enlève pas son fichu.

Grand-Mère nous frappe souvent, avec ses mains osseuses, avec un
balai ou un torchon mouillé. Elle nous tire par les oreilles, elle
nous empoigne par les cheveux. D’autres gens nous donnent aussi des
gifles et des coups de pied, nous ne savons même pas pourquoi.

Les coups font mal, ils nous font pleurer. Nous sommes couchés sur
le banc d’angle de la cuisine. Nos têtes se touchent. Nous ne dor-
mons pas encore, mais nos yeux sont fermés. Quelqu’un pousse la por-
te. Nous ouvrons les yeux. La lumière d’une lampe de poche nous aveu-
gle.

Revenons maintenant au pauvre professeur de collège et aux passages
que ses détracteurs lui ont reproché d’avoir soumis à ses élèves. Il
s’agit d’une scène présentant la petite voisine Bec-de-Lièvre qui
fait l’amour avec un chien, et de deux scènes comportant un cas de
fellation (nous ne regarderons que la première, où la servante du
curé, après avoir lavé les jumeaux, se met à sucer leur sexe). Voi-
ci les passages contre lesquels les parents se sont insurgés : Le
chien revient, renifle plusieurs fois le sexe de Bec-de-Lièvre et
se met à le lécher.

Bec-de-Lièvre écarte les jambes, presse la tête du chien sur son
ventre avec ses deux mains. Elle respire très fort et se tortille.

[...]

Bec-de-Lièvre se retourne, elle est sur les genoux, elle tend son
derrière au chien. Le chien pose ses pattes de devant sur le dos
de Bec-de-Lièvre, ses membres postérieurs tremblent. Il cherche,
approche de plus en plus, se met entre les jambes de Bec-de-Lièvre,
se colle contre ses fesses. Il bouge très vite d’avant en arrière.
Bec-de-Lièvre crie et, au bout d’un moment, elle tombe sur le ven-
tre.

[...]

Elle nous caresse et nous embrasse sur tout le corps. Elle nous
chatouille avec sa langue dans le cou, sous les bras, entre les
fesses. Elle s’agenouille devant le banc et elle suce nos sexes
qui grandissent et durcissent dans sa bouche. (...) Elle tire
nos têtes vers ses seins qui sont sortis du peignoir et nous en
suçons les bouts roses devenus très durs. La servante met sa main
sous son peignoir et se frotte entre les jambes (...). Elle sou-
pire, elle halète, puis brusquement, elle se raidit.

Le premier des deux passages décrit certainement un acte considé-
ré communément comme pervers et allant contre toute moralité cou-
rante, alors que le second avoisine le domaine très sensible de
la pédophilie, vu la grande différence d’âge entre la servante
et les jumeaux. Mais les adolescents du début du vingt et unième
siècle ont généralement une expérience textuelle et visuelle tel-
le dans le domaine de la sexualité que la nature des actes pré-
sentés n’ont peut-être pas en elle-même de quoi nous choquer si
profondément, même si nous nous faisons les défenseurs moraux de
la jeunesse.

Cependant, les parents n’ont pas eu tort de réagir à mon avis.
Seulement, je ne pense pas qu’ils aient réagi pour les bonnes
raisons. Car ce qui est propre à nous bouleverser dans Le


Grand Cahier, ce n’est pas tant la nature des actes décrits
que l’écriture impassible qui les véhicule. Par la sécheresse
du style de Kristof, les actes trangressifs se présentent com-
me des phénomènes de ce monde, juxtaposés à d’autres phénomè-
nes non-transgressifs, sans aucune hiérarchisation morale,
sans aucun système de signalisation. Les passages incriminés
présentent les actes sexuels comme objets d’un regard impas-
sible, sans qu’il y ait signe d’une évaluation quelconque, ni
négative et réprobatrice, ni positive - en exprimant par exem-
ple la jouissance avec focalisation interne, spécialité d’un
Agnar Mykle (je pense notamment à sa nouvelle «Skoene» qui met
en scène un homme en train de baiser une vache, acte présenté
du point de vue de l’acteur comme oscillant entre la honte et
la pure jouissance). Le vrai problème que pose Le Grand Cahier
aux défenseurs de l’ordre moral, c’est qu’il comporte une nor-
malisation de la perversion, une réduction de toute chose à sa
pure apparence.

Dans l’optique de cette communication, il ne s’agit définiti-
vement pas d’une littérature pour jeunes. Le texte de Kristof
s’inscrit dans une tradition littéraire par rapport à laquelle
elle prend son originalité en la niant. C’est un phénomène lit-
téraire «parasitaire» qui ne peut être bien lu que par un lec-
teur expérimenté qui connaît aussi la littérature «hôte».

Pour terminer, je voudrais revenir à mon point de départ, Ago-
ta Kristof considérée comme une «singularité francophone». Se
peut-il que cette écriture, si radicale dans sa sécheresse et
sa simplicité, ait quelque chose à faire avec la position de
Kristof comme francographe?

S’agit-il de l’art romanesque d’une écrivaine qui s’est libé-
rée de la complexité de sa langue maternelle pour s’épanouir
dans une langue apprise comme langue étrangère à l’âge adulte?
A vrai dire, il ne s’agit pas d’une spéculation pure, puisque
le phénomène est thématisé dans Hier10, le quatrième roman de
Kristof. Il s’agit là encore d’un roman à la première personne,
et comme la trilogie des jumeaux, il est d’une très grande sim-
plicité lexicale et syntaxique. Mais le narrateur n’est plus un
enfant; portant un nom d’origine hongroise, il habite un pays
qui peut très bien être la Suisse, où il travaille depuis des
années dans une fabrique d’horlogerie, tout en écrivant le soir
Tantôt il écrit des poèmes dans sa langue maternelle, tantôt il
écrit dans «la langue d’ici». Voici un dialogue avec son amie
et compatriote Line :
Elle est en colère, elle dit :
- A l’école, nous étions au même niveau. Depuis, nous avons
fait du chemin. Je suis devenue professeur de langues et
tu es resté simple ouvrier.
Je dis:
- J’écris. J’écris un journal et un livre.
- Pauvre Sandor, tu ne sais même pas ce qu’est un livre. Dans
quelle langue écristu?
- Dans la langue d’ici. Tu ne pourrais pas lire ce que j’écris.
Elle dit :
- Il est déjà difficile d’écrire dans sa langue maternelle.
Alors, dans une autre langue ?

Dans une conversation ultérieure, Line revient au même sujet:
Tu aurais pu devenir quelqu’un, toi aussi, si tu avais écouté
mon père. Mais tu as choisi de t’enfuir et de devenir rien du
tout. Un ouvrier d’usine. Pourquoi?
Je réponds :
- Parce que c’est en devenant rien du tout qu’on peut devenir
écrivain (...).
- Tu dis ça sérieusement, Sandor? Qu’il faut devenir rien du
tout pour être écrivain?
- Je crois que oui.

La similarité de l’histoire et de la situation du narrateur et
de Kristof elle-même nous invite à y voir une réflexion sous
forme de poétique. Peut devenir écrivain celui qui ose partir
sans bagages, qui a le courage de laisser tomber la langue ma-
ternelle, avec tous les acquis qu’elle nous donne «gratuite-
ment», pour recommencer à partir de zéro en apprivoisant une
nouvelle langue d’expression. Et nous nous rappelons en écho
la «poétique» des jumeaux, leurs efforts pour réduire leur
texte à n’être que la «description fidèle des faits». Les
accents autobiographiques d’Hier nous donnent une clé possi-
ble pour une meilleure appréciation de la radicalité et de
l’efficacité de l’écriture kristofienne – une écriture marquée
par sa «singularité» en tant qu’écriture francophone.

Bibliographie
Beniamino, M. 1999: La francophonie littéraire. Essai pour une
théorie.
Paris: l’Harmattan.
Favre, R. 1998: Les écrivains de langue française dans le déve-
loppement de la francophonie.
Revue des sciences morales et politiques: La Francophonie. Etats
des lieux (hors série).
Paris: PUF.
Histoire de la littérature en Suisse romande, t. IV (éd. R. Fran-
cillon). Lausanne: Editions Payot.
Jouanny, R. 2000: Singularités francophones ou choisir d’écrire
en français. Paris: PUF.
Kristof, A. 1986: Le Grand Cahier. Paris: Editions du Seuil.
Kristof, A. 1995: Hier. Paris: Editions du Seuil.
Mykle, A. 1967: Skoene, Largo. Oslo: Gyldendal.
Roulet, D. de. 1998: Agota Kristof et son double, Passages 25
(Pro Helvetia).
Schlechter, L. 1996: Francophonie, francophilie et francographie,
Nos ancêtres les Gaulois (dir. V. Engel et M. Guissard). Ottigies :
Quorum.


JOURNAL LE COURRIER, Vendredi 19 novembre 2004


CACHEZ CE «GRAND CAHIER» QUE JE NE SAURAIS LIRE!

La commission des pétitions du Grand Conseil genevois a rendu son
rapport sur la pétition «relative à la lecture de livres contenant
des scènes de pornographie imposée aux élèves de l'école publique».
Elle avait été déposée en janvier 2004 par des parents d'élèves
indignés par la lecture du Grand Cahier d'Agota Kristof dans une
classe de l'école de culture générale Henry-Dunant. Taxant cer-
tains passages de «zoophiles et pédophiles», les 2281 signataires
demandaient à l'Exécutif «d'agir pour que cesse rapidement l'obli-
gation de lire des livres à caractère pornographique dans les éco-
les publiques de notre canton». Dans son rapport du 28 octobre, la
commission fait part de sa décision de «déposer la pétition sur le
bureau»: elle ne soutient pas la demande d'interdire certains li-
vres, sans pour autant classer la pétition.

Une manière de reconnaître qu'il y a eu problème, «à ne considérer
que les retombées du choix de cette lecture». Mais le rapport indi-
que qu'il appartient «aux écoles, cycles et collèges, dans une con-
certation adéquate, de trouver des solutions à ces questions déli-
cates, favorisant une juste liberté d'enseigner, sans qu'il soit
nécessaire de remplacer le bon sens par des directives frôlant la
censure».

Chacun peut encore consulter et donner suite au dossier «déposé sur
le bureau» – ce que n'a pas manqué de faire le groupe UDC. Alors que
le sujet pouvait être classé hier, il fera l'objet d'un débat lors
d'une prochaine session du Grand Conseil, mais pas avant 2005.

EXCITER OU DÉNONCER?
Le Grand Cahier fait partie des programmes scolaires depuis des an-
nées. En 2000, le livre avait suscité la même réaction à Abbeville,
en France. Un enseignant de 26 ans avait été placé en garde à vue et
la police avait fouillé son domicile... Aucune charge n'avait été
retenue contre lui grâce au soutien de l'Education nationale, mais
il a été muté dans une autre ville. En Suisse romande, la polémique
n'a pas débouché sur un dialogue satisfaisant.

Pour le libéral Claude Aubert, auteur du rapport, «il s'agit de con-
sidérer l'oeuvre littéraire dans son ensemble et de ne pas extraire
les passages incriminés de leur contexte. Dans Le Grand Cahier, ils
n'ont pas été écrits dans l'intention d'exciter les gens, mais pour
dénoncer les traumatismes de la guerre.»


Secrétariat du Grand Conseil
P1473-A

Date de dépôt : 28 octobre 2004
Messagerie

Rapport de la Commission des pétitions chargée d'étudier la pétition
relative à la lecture de livres contenant des scènes de pornographie
imposées aux élèves de l'école publique


Rapport de Monsieur Claude Aubert

Mesdames et
Messieurs les députés,

La commission a consacré trois séances à l'étude de cette pétition,
sous la présidence de M. O. Vaucher et de M. A. Etienne. Notre procès-
verbaliste attitrée, Mme S. Downing, ayant quitté ses fonctions, em-
portant avec elle toute notre gratitude, a été remplacée par M. Y
Piccino, auquel la commission a souhaité la bienvenue.

Les travaux de la commissio ont été précédés par deux interpella-
tions sur ce même sujet. Celle de M. G. Barrillier, le 18 décembre
2003 : "Critères de choix des ouvrages de littérature française
étudiés au cycle et à l'ECG" ((IU 1523). Celle de M. R. Iselin, le
12 février 2004 : "Lecture en classe de culture générale du livre
Le Grand Cahier de Mme Agota Kristof (IUE 70). Il conviendrait de
se référer aux réponses du Conseil d'Etat pour avoir une vue d'en-
semble de ce dossier.


Audition de Mme Janine Devanthery et M. Christian Etienne, péti-
tionnaires

Les pétitionnaires énoncent un certain nombre de critiques. Ils
déplorent le choix d'un livre contenant des scènes de pornographie
dure et de pédophilie. "Il est inadmissible d'obliger des enfants
à lire ce livre à l'école", étant entendu que chaque adulte est
libre de lire ce qu'il veut. Ils soulignent un manque de discer-
nement quant au concept même de "pornographie", puisque ce terme
a été jugé excessif, selon eux, par les enseignants concernés.
Par ailleurs, confrontés à de telles pages, les élèves n'ont pas
bénéficié d'un accompagnement adéquat, ni les parents d'ailleurs.

Les pétitionnaires critiquent aussi la manière dont a été reçue
leur protestation, l'incompréhension ayant éété la règle selon
eux. Une réunion - le 9 ocotbre 2003 - avec la maîtresse de clas-
se, le doyen et l'enseignante de françias n'a pas conduit à un
apaisement. La réponse du Conseiller d'Etat en Charge du DIP à
une letttre qui lui avait été adressée est jugée insatisfaisan-
te. Le 12 janvier 2004, une pétition, d'"agir pour que cesse
rapidement l'obligation de lire des livres à caractère porno-
graphique dans les écoles publiques de notre canton".


Audition de Mme Isabelle Hirschi, enseignante ECG, Antoine Sier-
ro, enseignant, et de M. Marco Polli, membre de la commission
paritaire du corps enseignant

Les listes d'ouvrages sont élaborées après une large consulta-
tion. Elles sont destinées aux enseignants, leur donnant des
références en fonction du niveau des classes et selon les
grandes thématiques à traiter au cours de l'année scolaire.
En l'occurrence, il s'agissait de discuter des phénomènes de
société. L'enseignante a choisi ce livre d'Agota Kristof, car
il montre la guerre et la vision de deux enfants civils de-
vant affronter cette situation, abandonnés par leurs parents
et livrés à leurs seules ressources.

Mme I Hirschi reconnaît que la scène de la jeune fille handi-
capée avec le chien est très dure; néanmoins, les enfants ne
la jugent pas, ne la condamnet pas, mais tentent de la socia-
liser, de l'éduquer et de la rendre autonome. Paradoxalement,
c'est un message d'espoir.

Cette oeuvre d'Agota Kristof est lue depuis des années dans
les cours de français. Elle est recommandée en France par le
Ministère de l'éducation nationale. Les jeunes sont confron-
tés quotidiennement à de la barbarie dans les différents mé-
dias. Vaut-il mieux les laisser découvrir par eux-même ou
profiter d'un encadrement pédagogique pour aborder ces réa-
lités de notre monde ?


Discussion

Pour la commission, il est indéniable qu'une scène de zoo-
philie, considérée comme telle, à l'état brut, ne peut que
choquer lecteurs et lectrices. Lire en classe un texte em-
barrassant ne saurait aller de soi, la clairvoyance des
enseignants - selon leurs propres dires - étant un préa-
lable indispensable pour qui voudrait , au travers de la
littérature, parler du monde et de ses turpitudes. La ra-
reté des réactions en matière de choix de lecture montre
que, dans les écoles, le doigté prévaut. L'implication, dans
l'élaboration du projet pédagogique, d'autres enseignants
et de parents, est une obligation morale, tant il est vrai
que l'émotion suscitée par de telles descriptions ne se
dissout pas spontanément; au contraire, elle a tendance à
se réperctuer à d'autres niveaux, suscitant des prises de
position tranchées et des conflits, qui, au-delà des per-
sonnes, touchent aux fondements de l'éthique de l'école
publique.

Dans ces conditions, la commission estime qu'il y a effec-
tivement eu problème, à ne pas considérer que les retom-
bées du choix de cette lecture. Cela ne signifie pas que
le point central soit le texte lui-même. S'il s'agissait
d'en rester à ce seul extrait, se profilerait alors une
possibilité, celle de censurer les lectures choisies par
les enseignants, voie dans laquelle personne ne désire
s'engager. L'essentiel est plutôt l'impossibilité pour
les protagonistes d'avoir pu trouver des modalités de
dialogue ou des formules permettant aux légitimes sou-
cis des parents et aux légitimes ambitions de pédago-
gues de converger.

En choisissant le dépôt de la pétition sur le bureau,
la majorité de la commission indique que la thématique
soulevée par les pétitionnaires et de première impor-
tance, mais qu'il appartient aux écoles, cycles et col-
lèges, dans une concertation adéquate, de trouver des
solutions à ces questions délicates, favorisant une
juste utilisation de la liberté d'enseigner, sans
qu'ilsoit nécessaire de remplacer le bon sens par
des directives frôlant la censure.

Renvoyer cette pétition au Conseil d'Etat signifierait,
dans le contexte actuel, que la commission prend fait
et cause pour l'invite de la pétition : "agir pour que
cesse rapidement l'obligation de lire des livres à ca-
ractère pornographique dans les écoles publiques de
notre canton": Comme nous l'avons rapporté, pour la
majorité de la commission, cette invite n'est pas per-
tinente par rapport au problème posé.


Vote

Proposition : renvoi au Conseil d'Etat :
Pour : 2 (1 R, 1 UDC)
Contre : 8 (1 AdG, 3 S, 2 Ve, 2 PDC)
Abstentions : 4 (3 L, 1 R)

Proposition : dépôt sur le bureau :
Pour : 12 (1 AdG, 3 S, 2 Ve, 1 R, 2 PDC, 3L)
Contre : 2 (1 R, 1 UDC)
Abstentions : 0

En conclusion, Mesdames et Messieurs les députés, la
Commission des pétitions vous propose, à la majorité
de 12 voix contre 2, de déposer cette pétition sur le
bureau.


Pétition
(1473)
relative à la lecture de livre contenant des scènes
pornographie imposée aux élèves de l'école publique

Mesdames et
Messieurs les députés,

Les adolescents de la classe 2H17 de l'Ecole de cul-
ture générale Heny- Dunant ont dû lire le livre Le
Grand Cahier d'Agota Kristof dans le cadre de leurs
travaux scolaires. Ce livre contient plusieurs scè-
nes de pornographidure et de pédophilie.

Nous avons lancé une pétition pour que dans le ca-
dre de travaux scolaires, l'obligation de lire des
ouvrages à caractère pornographique soit interdite
dans les classes, peu importe la'ppréciation que
l'on puisse porter sur leur valeur culturelle.

Cette pétition - en annexe - a recueilli à ce jour
2881 signatures. Nous avons adressé cette pétition
au Conseil d'Etat et n'avons reçu qu'un accusé de
réception, mais aucune réponse depuis deux mois.

En tant qu'instance politique suprême de notre
canton, nous vous soumettons notre requête et
vous prions de bien vouloir agir pour que cesse
rapidement l'obligation de lire des livres à
caractère pornographique dans les écoles publi-
ques de notre canton.

N.B. : 2 signaures
Citoyens inquiets
P.a. Mme Sandrine Bussinger
Route du Creux-du-Loup 44
1285 Athenaz


Annexe

Pétition au Conseil d'Etat du Canton de Genève

Nous estimons qu'il est inadmissible que la lec-
ture de livres contenant des scènes de pornogra-
phie dure soit imposée aux élèves de l'école pu-
blique, quelles que soient leur valeur culturelle.

Nous demandons instamment au Conseil d'Etat d'in-
tervenir afin que cesse cette pratique qui cours
depuis plusieurs années.

Citoyens inquiets
P. A. Sandrine Bussinger,
route du Creux-du-Loup 44,
CH-1285 Athenaz / GE

Écrit par : canard | 12/09/2008

Vous avez inventé très intéressant article. J'espère beaucoup que vous continuez à écrire pour ce sujet, j'attendrai de nouveaux messages.

Écrit par : Zetaclear | 16/10/2008

il est grandement temps de prendre tels taureaux par les cornes! mais en tout cas si ce travail est fait, c'est un progress! et c'est n'est pas imporant si c'est la politique ou une autre chose... bravo a Monsieur Eric Stauffer!

Écrit par : Dwight - Fungus Treatment | 05/11/2008

je ne crois pas que des élus du Mouvement citoyens peuvent aider a resoudre ce probleme.. le narcotrafic prend du rythme accellere. ca doit etre decide au niveau mondial..

Écrit par : Alfie | 31/12/2008

@Alfie : si tout le monde dit ça, plus personne ne fait rien! Rendons déjà hommage au MCG qui est le seul parti qui se mouille; dévaloriser ses actes n'apporte rien à l'affaire!

Écrit par : Isis | 31/12/2008

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